Nid de coccinelle : où pond-elle et comment favoriser sa présence ?

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Les coccinelles ne construisent pas de nid au sens strict, mais pondent leurs œufs directement sur les plantes infestées de pucerons, à proximité immédiate de la source de nourriture pour les futures larves. En Poitou-Charentes, la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), espèce indigène la plus commune, et la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), introduite et désormais invasive, cohabitent dans les jardins, les haies et les cultures.

Comprendre le cycle de vie et les besoins en refuges de ces auxiliaires permet d’adapter les pratiques de jardinage pour maximiser leur présence et profiter de leur efficacité contre les pucerons. Une larve de coccinelle consomme entre 100 et 150 pucerons avant de se nymphoser, selon les données de l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE).

Sites de ponte et développement des larves

La femelle coccinelle dépose ses œufs en amas compacts de 10 à 50 unités, généralement sur la face inférieure des feuilles colonisées par les pucerons. Les œufs, de forme ovale et de couleur jaune orangé, mesurent environ 1 mm de long et éclosent après 3 à 5 jours selon la température.

Les larves, d’aspect allongé, segmenté et souvent ornées de taches orangées ou jaunes, restent sur la plante hôte pendant 3 à 4 semaines. Elles chassent activement les pucerons, les cochenilles et autres petits insectes à corps mou. Contrairement à l’adulte, la larve ne vole pas et dépend entièrement de la densité de proies disponibles à proximité.

Favoriser les coccinelles au jardin passe par le maintien de colonies de pucerons modérées : une éradication systématique prive les larves de nourriture et réduit les populations de coccinelles. Tolérez quelques pucerons sur les plantes robustes (rosiers, capucines) pour assurer un garde-manger permanent.

Les coccinelles recherchent des supports variés pour pondre : tiges de graminées, feuilles de rosiers, branches de sureau, ombellifères sauvages. Un jardin riche en biodiversité végétale offre davantage de sites favorables qu’une pelouse rase et uniforme.

Refuges hivernaux et agrégations

En automne, les coccinelles adultes recherchent des abris pour passer l’hiver en état de dormance. Elles se regroupent souvent en grand nombre (plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’individus) dans des cavités protégées : fissures de murs, encadrements de fenêtres, volets roulés, tas de bois, écorces d’arbres morts.

La coccinelle asiatique, plus tolérante au froid et plus grégaire que les espèces indigènes, envahit parfois les habitations à l’automne, créant une gêne pour les occupants. Ces intrusions, souvent médiatisées, ne présentent aucun danger sanitaire : les coccinelles ne piquent pas, ne détériorent pas les structures et quittent les lieux au printemps.

Pour limiter les intrusions tout en préservant les coccinelles, installez des gîtes à insectes à l’extérieur : fagots de tiges creuses, briques percées, planches superposées avec des cales de 5 mm. Ces refuges artificiels détournent les coccinelles des habitations.

La LPO propose des plans de gîtes à coccinelles simples à réaliser avec des matériaux de récupération. Les photographies prises au jardin peuvent aussi rejoindre SPIPOLL, avec la plante visitée, la date et les conditions d’observation.

Plantes attractives et ressources complémentaires

Les coccinelles adultes consomment principalement des pucerons, mais complètent leur alimentation avec du pollen et du nectar, surtout en début et fin de saison lorsque les pucerons se raréfient. Planter des ombellifères (fenouil, aneth, carotte sauvage), des astéracées (achillée, tanaisie) et des plantes à floraison précoce (saules, prunellier) fournit ces ressources complémentaires.

Les coccinelles apprécient également les pucerons spécifiques de certaines plantes : les capucines, volontiers colonisées par le puceron noir de la fève, servent de plante-piège et concentrent les larves de coccinelles. Installez quelques pieds en bordure de potager pour détourner les pucerons des cultures sensibles.

Évitez les traitements insecticides, même biologiques : la roténone et le pyrèthre naturel tuent indifféremment pucerons et coccinelles. Privilégiez les auxiliaires et la tolérance à de faibles niveaux de ravageurs.

Pour identifier les différentes espèces de coccinelles et distinguer les larves des adultes, consultez les atlas photographiques et les fiches naturalistes disponibles dans la galerie.

Différencier coccinelle indigène et coccinelle asiatique

La coccinelle à sept points, indigène, mesure 7 à 8 mm et arbore sept points noirs répartis sur des élytres rouge vif. La coccinelle asiatique, plus grande (6 à 9 mm), présente une coloration très variable : du jaune pâle au rouge orangé, avec 0 à 19 points noirs. Un critère fiable est la marque en forme de M ou de W noir sur le pronotum (partie située derrière la tête) chez la coccinelle asiatique.

La coccinelle asiatique, introduite en Europe dans les années 1990 pour la lutte biologique, s’est révélée invasive et entre en compétition avec les espèces indigènes. Elle consomme les mêmes proies, mais également les œufs et les larves des autres coccinelles. Son impact sur les populations indigènes fait l’objet de suivis scientifiques par l’OPIE et l’INRAE.

Il n’existe aucune méthode de lutte sélective contre la coccinelle asiatique sans nuire aux espèces indigènes. La meilleure stratégie reste de favoriser la diversité des habitats pour permettre la coexistence de plusieurs espèces d’auxiliaires.

Les coccinelles asiatiques envahissant les habitations en automne recherchent simplement un abri hivernal et ne causent aucun dommage matériel. Pour les éloigner sans les tuer, aspirez-les délicatement avec un aspirateur à main (videz immédiatement le réservoir à l’extérieur) ou installez des pièges lumineux extérieurs qui les détournent des ouvertures. Colmatez les fissures et les interstices autour des fenêtres et des portes avant l’automne pour limiter les intrusions.

Selon l’INRAE, malgré la compétition exercée par la coccinelle asiatique, les populations de coccinelles indigènes persistent dans les milieux diversifiés offrant une mosaïque d’habitats (haies, prairies fleuries, bandes enherbées). Un jardin riche en refuges et en plantes variées héberge souvent plusieurs espèces de coccinelles simultanément, chacune exploitant des niches écologiques légèrement différentes.

Foire aux questions

Les coccinelles pondent-elles plusieurs fois par an ?
Oui, une femelle peut pondre 2 à 3 fois entre avril et septembre si les conditions sont favorables, soit plusieurs centaines d’œufs par saison.

Pourquoi trouve-t-on des coccinelles mortes en grand nombre au printemps ?
Les individus affaiblis par l’hiver et n’ayant pas trouvé de nourriture rapidement meurent à la sortie de dormance. C’est un phénomène naturel de régulation des populations.

Peut-on acheter des coccinelles pour lutter contre les pucerons ?
Oui, mais leur efficacité dépend de la disponibilité de proies et de refuges. Sans habitat favorable, les coccinelles lâchées s’envolent rapidement. Favoriser les populations sauvages reste plus durable.

Les coccinelles hibernent-elles dans les gîtes à insectes du commerce ?
Parfois, mais elles préfèrent souvent des cavités naturelles plus protégées. Un gîte artisanal bien orienté et rempli de matériaux variés attire davantage.

Conclusion

Les coccinelles ne construisent pas de nid, mais pondent directement sur les plantes infestées de pucerons et recherchent des refuges pour hiverner. Favoriser leur présence au jardin passe par la tolérance de colonies modérées de pucerons, la diversité végétale et l’installation de gîtes hivernaux. En Poitou-Charentes, protéger ces auxiliaires contribue à limiter l’usage de pesticides et à enrichir la biodiversité fonctionnelle du jardin.

Sources utiles

  • Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) : fiches espèces et cycles biologiques
  • LPO France : plans de gîtes à coccinelles et conseils de jardinage
  • INRAE : recherches sur la coccinelle asiatique et interactions avec les espèces indigènes
  • LPO : cycle et identification de la coccinelle à sept points, fiche espèce