- - - Biodiversité en Poitou-Charentes Réseau Partenarial des Acteurs du Patrimoine Naturel de Poitou-Charentes
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la gestion des parcelles

Groupement 1

C'est dans ce groupement qu'il y a eu le plus de travaux pendant mon intervention. Il est le plus intéressant dans la mesure ou il concerne les parcelles les plus représentatives de ce qu'est un marais avec des espèces déterminantes et menacées. C'est donc sur celles-ci qu'il conviendra de porter le plus d'attention,étant donné aussi les problèmes de sécheresse, sur lesquels je ne reviendrai pas, et vus les travaux menés par les exploitants dont j'ai pu observer l'impact pendant cette étude.

Le relevé AI92 a été effectué le 21 juillet. Les bovins qui pouvaient naviguer de la AI88 à la AI92, n'avaient pas beaucoup pénétré dans cette dernière. Par la suite jusqu'à la mi-août, le bétail a occupé cette parcelle plus fréquemment, jusqu'à lui donner un même aspect que les autres (AI88, 90, 91), bien que la AI 92 soit un peu plus humide (raison possible du retard de sont investissement par les animaux).

Entre la mi-août et la mi-septembre, ces quatre parcelles ont été gyrobroyées avec plus ou moins de pression. Les trois premières n'ont pas été trop labourées par cette opération, bien que gyrobroyées trop bas. La AI92 par contre était écorchée sinon labourée sur plus du tiers de sa superficie. Il me parait souhaitable de continuer le pâturage par parcelle comme en début d'été 2005. Chacune peut être isolée des autres par des clôtures existantes. Bien que ne faisant pas partie de ce groupement, il est possible d' y intégrer la AI88 pour aller jusqu'à la AI92. La seule différence est qu'il faudra bien surveiller l'impact et de déplacer les bêtes quand par exemple, la strate végétale la plus haute aura diminué de moitié en surface.

La parcelle AI58 est très intéressante, non seulement j'ai pu y faire deux relevés quelque peu différents, mais deux formations végétales méritent d'être maintenue.

La première est à l'emplacement où j'ai fait le REL 58F ou s'est installée une belle lentille de fougère palustre (Thelypteris palustris). Le piétinement l'avait bien amoindrie au 1er septembre bien qu'elle n'ait pas été gyrobroyée. Il conviendrait de ne pas faire pacager ce milieu trop longtemps. Quelques jours avec une partie de la parcelle serait peut-être suffisant, en coupant à la débrousailleuse manuelle les pousses arbustives.

La seconde est à l'angle Nord (ou Nord-Ouest) de la parcelle. Il s'agit d'une petite roselière qu'il serait bon de maintenir et d'en favoriser l'extension. Donc pas de gyrobroyage et pas ou très peu de pâturage, bien qu'il me semble que les bovins ne l'aient pas trop pénétrée, jusqu'à la fin août.

La parcelle AI43 n'était pas gyrobroyée le 15 septembre. La densité des espèces avait beaucoup diminué. Metrioptera roeselii (Hagenbach, 1822) avait disparu. La végétation avait été piétinée, mais pas exagérément. Il faut certainement diminuer la pression animale à partir du mois d'août sinon au 15 juillet suivant la pluviométrie de cette période annuelle.

Le mieux serait de faire des comptages d'orthoptères et d'établir des quotas de certaines espèces déterminantes Conocephalus dorsalis (Latreille, 1804) ou Stethophyma grossum (L., 1758) au dessous desquels il ne faudrait pas descendre.

Dans un même temps, il faudrait noter le temps de pacage et le nombre de bêtes par unité de surface, pour en évaluer la densité la plus équilibrée. Il s'agit de faire un rapport entre une régression acceptable des orthoptères et une bonne gestion de la végétation avec le bétail.

La suppression des pousses de ligneux pourrait se faire à la débrousailleuse thermique manuelle avec une lame scie.

Si le gyrobroyage s'avère vraiment nécessaire dans ce groupement, Il est recommandé de le faire en juillet par temps de pluie et de respecter une hauteur de 0,40m afin de préserver C. dorsalis. Une mosaïque s'impose également.

Groupement 2

Les parcelles de celui-ci sont moins humides que celles du groupement précédent. Il est caractérisé par la présence de Calliptamus italicus (L., 1758), ce qui prouve sa tendance mésohumide. Cette espèce est xénocène dans ce type de végétation. Ce ne sera donc pas en fonction d'elle que l'on gérera ce milieu.

Les autres espèces sont caractéristiques, en majorité de milieux humides. C ‘est donc, à mon avis, vers cette priorité qu'il faudrait se diriger.

La parcellisation par des clôtures mobiles serait souhaitable pour le pâturage dans les parcelles AI190 et les AI98 (remembrées).

Une gestion commune pourrait se faire pour les parcelles AI 190 et AI189, mêmes si elles ne sont pas dans le même groupement, elles sont assez proches faunistiquement.

L'absence de C.dorsalis dans ce groupement peut inciter à favoriser une végétation plus basse. Suivant l'option de gestion choisie on le fera ou pas.

Avec le climat actuel je pense qu'il faut adapter le mode de gestion de façon à favoriser l'humidité de l'ensemble des parcelles de ce groupement. L'orthoptérofaune montre que l'objectif est possible. On peut dans ce cas favoriser la végétation plus haute et vérifier l'immigration de C.dorsalis.

La parcelle ZA88 à un faciès différent comme toutes celles qui sont déséquilibrées par une action perturbatrice. Ici, c'est le « nettoyage »suite à la chute des peupliers après la tempête de 1999. En plus un désherbage chimique en périphérie a accentué l'aspect de friche rudérale. Cette partie du marais me semble moins humide que la partie AI. La parcelle voisine est ensemencée de maïs. Tout un ensemble qui ne concourt pas à une restauration facile.

Un fauchage en premier à 0,20m de hauteur, sans écorchage du sol avec la récupération des coupes permettrait à la prochaine pousse, de changer l'aspect de la végétation. Une seconde avant la fructification (pour éviter le réensemencement), à 0,30 à 0,40m limiterait encore la végétation rudérale. A voir les résultats pour décider de l'orientation de la gestion de cette parcelle pour les années suivantes.

Groupement 3

Il concerne les parcelles mésoxériques. Les relevés ont la particularité de contenir une espèce caractéristique des milieux à sol dénudé. Il s'agit de Oedipoda caerulescens (L., 1758). Elle n'est donc pas xénocène ici. Mais bien éloignée d'autres milieux semblables pour les parcelles AH40-41. Je ne sais pas quoi proposer pour les gérer au mieux.

La parcelle AI102 peut-être maintenue avec une végétation rase (0,20m env.) et écorchée puisque c'est le préférendum de c.mollis.

Comme l'enracinement des arbustes est évident bien qu'ayant été gyrobroyés, il faudra certainement les recouper cette année. La parcelle n'est pas étendue une débrousailleuse manuelle à scie serait idéale. Le pâturage bovin, s'il n'y a pas d'autres possibilités doit être mesuré. L'idéal serait d'y mettre trois ou quatre moutons. La gestion de cette parcelle doit rester unique pour préserver ses caractéristiques. Le gyrobroyage serait néfaste dans tous les cas de figure sauf avant avril.

Groupement 4

Ces prairies sont cultivées. Les relevés sont normaux et homogènes. Ce qui signifie que ces parcelles sont correctement cultivées certainement sans intrants. Il n'y a pas, à mon avis, de raison pour en changer la gestion.

Les autres parcelles n'ont pu être intégrées dans aucun groupement.

AI100h : Bien que différente du reste de la parcelle cette partie peut-être entretenue par du bétail avec l'ensemble des trois Ai100.

AI56 : Cette parcelle en fermeture est très humide, surtout au Nord où le canal la bordant est relativement plein par rapport aux autres. Dans le coin Nord la fougère palustre (Thelypteris palustris) couvre une superficie peut-être aussi étendue que sur le REL58F, sinon plus. Les orthoptères observés sont d'une densité très faible et ne représentent que deux espèces Conocephalus fuscus (Fabricius, 1793) et Pholidoptera griseoaptera (De Geer, 1773). Cela n'est pas étonnant dans cet état de fermeture. En l'état actuel, cette parcelle n'a que peut d'intérêt pour les orthoptères. N'ayant pas de grands arbres à l'intérieur, il serait possible de la laisser évoluer sans pâturage, ni fauchage, tout en coupant tous les peupliers qui tenteraient de pousser et de limiter la pousse des frênes et des aulnes. Deux chevreuils y ont été observés le 28 septembre vers 16h, ainsi qu'un lièvre dans la dernière quinzaine d'octobre. Des troncs de peupliers, dont une majorité est en décomposition, jonchent le sol. S'il y à débroussaillage, un gyrobroyage en août septembre serait le mieux. Le sol est moins humide à cette période. Attention au labourage avec le gyrobroyeur et les roues du tracteur, il faudrait respecter une hauteur de 0,30 à 0,40m minimum d'intervention.

AI32 et AI35 : Les orthoptères ne sont pas nombreux dans ces parcelles. La végétation est haute et composées de plantes ligneuses (Valériane, reine des près). Un entretien comme la ZA88 conviendrait peut-être.

AI91 : Quatre orthoptères communs y ont été observés : Conocephalus fuscus (Fabricius, 1793), Omocestus rufipes (Zetterstedt, 1821), Pholidoptera griseoaptera (De Geer, 1773), Chrysochraon dispar dispar (Germar, 1831-35). Cette parcelle boisée et humide est unique par sa physionomie, parmi toutes celles visitées. Elle pourrait rester en l'état à condition de supprimer uniquement les peupliers.

AH35 n'a révélé qu'un seul orthoptère commun, Chorthippus biguttulus biguttulus (L., 1758).

AH27 n'a pas plus d'orthoptères que la précédente. Seul Conocephalus fuscus (Fabricius, 1793) a été observé. Un abattage des peupliers et un entretien comme pour la ZA88 conviendrait certainement. Elle semble plus haute que la AI43. Sa vocation serait d'être plus humide, mais Il ne sera certainement pas facile de réaliser ce changement. J'ai l'impression qu'à une époque les déblais du canal on été étalés dessus, rehaussant par le fait son niveau.

AI20 : Je n'ai pu contacter le propriétaire et le bétail, constant dans cette parcelle était très entreprenant. Je n'ai donc pas fait de relevé ici.

Sommaire

Préambule
Résumé
Méthodologie
Résultats des observations
L’Analyse Factorielle des Correspondances
Les propositions de gestion
Impacts des différents modes de gestion, de fauche et de pâturage
Suivi de gestion
Conclusion
Bibliographie