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Une plante invasive menace l’équilibre de la forêt

Source  : article du 9 décembre 2016, La Nouvelle République, par Anthony Floc’h.


L’ONF s’inquiète de la prolifération en forêt domaniale du raisin d’Amérique, une plante invasive Invasive Se dit d’une espèce qui s’établie ou se développe dans un écosystème dont elle n’est pas originaire et pour lequel elle constitue un agent de perturbation nuisible à la biodiversité. Espèce envahissante allochtone (exotique). qui étouffe les jeunes plantations de chênes sessiles.


C’est une espèce Espèce Groupe d’individus qui ont la possibilité de se reproduire entre eux dans la nature et dont la descendance est fertile. invasive, classée « peste végétale » par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Reconnaissable à ses (jolies) grappes de fleurs blanchâtres ou de petites baies noires, le raisin d’Amérique gagne du terrain dans de nombreux bois et forêts de l’Hexagone. En particulier là où le sol est sableux.


C’est le cas de la forêt domaniale de Châtellerault : « C’est LA forêt de la région où l’on rencontre le problème, expose Yann Rolland, responsable régional du service forêt à l’Office national des forêts. A tel point que c’est devenu pour nous un point de vigilance essentiel. »
Le phénomène est visible dans la partie ouest de la forêt domaniale. Précisément là où l’ONF a mis à nu, ces deux dernières années, une vingtaine d’hectares, dans le cadre du programme de régénération de la forêt. « Les graines du raisin d’Amérique sont très bien véhiculées par les oiseaux. A partir du moment où on coupe des arbres sur toute une parcelle, la plante profite de l’apport soudain et important de lumière pour se développer », constate l’ONF.
Or, sur ces parcelles, ont été replantés de jeunes pieds de chênes sessiles. Qui risquent d’être étouffés par le développement de la plante invasive. Ce qui aurait pour conséquence de fragiliser le processus de régénération de la forêt.


Parce que l’enjeu n’est pas neutre, l’ONF expérimente simultanément deux techniques anti-raisin d’Amérique.
La première : une machine vient couper les tiges de la plante invasive à 50 cm du sol (pas plus bas pour ne pas abîmer les jeunes plantations de chênes). Sauf que la racine reste. Il faut renouveler l’expérience régulièrement en espérant qu’à terme la plante s’épuise et meure.
La seconde consiste à arracher les tiges l’une après l’autre jusqu’à la racine. Une technique fastidieuse, très coûteuse en main-d’œuvre… A moins de nouer un partenariat avec un organisme de formation, comme le fait l’ONF à Châtellerault avec le CFPPA de Montmorillon.
Par ailleurs, pour éviter que le problème ne se reproduise à chaque « mise à nu » d’une parcelle, l’ONF pourrait être amenée à « revoir ses techniques de repeuplement ».


Dernier conseil, pour les promeneurs qui pourraient se laisser séduire par le raisin d’Amérique (espèce très jolie visuellement) : n’essayez pas d’en arracher pour les planter dans votre jardin, vous pourriez sérieusement le regretter plus tard !

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