La biodiversité en Poitou-Charentes

     
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Peuplement des principaux biotopes

Nous nous proposons d’analyser ici le peuplement des principaux biotopes qui ont été
succinctement décrits ci-dessus.

Il convient cependant de noter que l’analyse des groupements d’espèces Espèce Groupe d’individus qui ont la possibilité de se reproduire entre eux dans la nature et dont la descendance est fertile. effectuées en fonction
des zones naturelles très artificiellement distinguées en 7 groupements de végétaux est sujette à
caution ; il est évident que l’on peut y distinguer deux « super groupes » bien distincts, les côtes et
l’intérieur du continent.

Il aurait été possible de subdiviser un peu plus en détaillant des biotopes plus restreints, par
exemple de faire un groupe pour les forêts de Chizé et d’Aulnay où le hêtre domine largement, ou un
groupe avec le seul fond des vallées où existent encore des prairies naturelles (anciennes prairies à
vaine pâture, communaux ou non).

L’une des principales difficultés rencontrée dans cette analyse a été de distinguer les espèces de
lépidoptères caractéristiques d’une phytocenose déterminée. En effet, de nombreuses espèces
s’observent dans des biotopes différents en raison de l’interpénétration des zones et surtout d’une
végétation qui n’est pas franchement tranchée comme le sont celle d’un marais salant et d’une pinède
dunaire atlantique.

Pour le classement des espèces en fonction du milieu considéré, et nous avons écarté le
classement systématique qui ne permettait pas de distinguer les espèces particulièrement
caractéristiques.

1. La dune de la laisse de mer à la pinède

Il aurait été apparemment logique d’étudier chaque groupement végétal tel qu’ils ont été définis
par les botanistes (TUXEN – GEHU), mais cela ne nous aurait donné seulement que quelques
espèces caractéristiques par milieu. Ces biotopes sont si limités en profondeur, souvent moins de 10
mètres, qu’ils s’interpénètrent même sur le plan botanique. Par ailleurs, les lépidoptères de ces
milieux, s’ils sont spécialisés, sont rarement inféodés à une seule plante qu’il s’agisse des hadeninae
ou des noctuinae.

Discestra sodae Boisduval (1829) (Noctuidae) ou Discestra stigmosa atlantica Boursin (1936).

C’est l’une des noctuelles les plus caractéristiques de ces zones. Elle est très abondante sur les
côtes languedociennes, en particulier dans les marais salants de Port la Nouvelle et de Sigean et sur
les vasières de Peyriac sur mer et Bages (Aude). Sur ces deux derniers points la chenille ne paraît
devoir vivre que sur Limonium alors qu’elle est connue pour se nourrir aussi sur Salsola soda.

Discestra stigmosa Boursin pose des problèmes de détermination par rapport à Discestra sodae.

Elle existe tout le long de la côte en plus ou moins grande quantité.

Contrairement à ce que l’on
pourrait penser nous ne l’avons jamais pris en nombre à l’Ile de Ré.

Des auteurs l’ont notée à l’Ile d’Aix, Ronce les Bains et le long de la côte vendéenne où G.
DURAND l’a prise à Olonne et à la Faute.

Mamestra blenna Hubner (1824) (NOCTUIDEA)

Encore une espèce très commune sur les vasières de l’étang de Sigean (Narbonne) et que l’on
prend à l’Ile de Ré (Rivedoux).

Elle a été prise à Ronce les Bains par d’OLBREUSE, à la Faute par LUCAS, en Loire maritime au
Pouliguen et à St Brévin par ROY. Selon l’abbé De JOANNIS elle a été prise dans le Morbihan à St
Gildas de Ruis et Carnac.

Cette espèce a deux générations et paraît fort bien adaptée aux divers groupements végétaux de
la dune ; la chenille peut être trouvée aussi bien sur des Atriplex (tornabeni par exemple) , des
soudes, des salsolas ou des chénopodes.

Hadena irregularis Hufnagel (1766) (NOCTUIDEA)

En Poitou-Charente nous n’avons pris cette espèce que sur la plage de Rivedoux (Ile de Ré) où
elle était relativement commune il y a cinquante ans. Il n’était pas rare de la voir voler butinant sur des
fleurs de Buddleia à la tombée de la nuit en 1938 (année de la prise de notre premier exemplaire).

Depuis 1960, nous n’avons pris l’espèce qu’une seule fois malgré les moyens employés qui n’ont rien
à voir avec le lumignon qui nous servait à la chasse de nuit entre 1945 et 1955.

Cette disparition peut s’expliquer par la raréfaction des plantes nourricières qui affectionnent
surtout l’arrière dune : Gypsophila, Lychnis, Silene (envahissement de la dune par des milliers de
touristes pendant les trois mois d’été).
Deux générations en mai et août.

Elle a été signalée en Loire Maritime par ROY et DU BROCHET, en Charente Maritime par
BRAUN et SALIS.

Agrotis graslini Rambur (1848) (NOCTUIDEA)

C’est une espèce halophile que nous n’avons jamais rencontrée sur les côtes languedociennes.
On peut donc la qualifier d’atlantique dans ce que ce nom a de plus restreint. Elle est en grande
abondance à l’Ile de Ré partout où pousse Ammophila arenaria. Il nous est arrivé fin août d’en avoir
cinquante exemplaires dans un piège Heath (6 watts). Le vent ne la gêne pas pour venir à la lumière
car si elle ne peut voler elle vient « à pied », ce qui est surtout le cas des femelles quand le piège est
disposé au milieu des touffes de graminées.

Nous n’avons jamais pris les formes joannisi et gouini, mais il semble que ce soient des variations
géographiques donc, on ne risque guère de les rencontrer sur nos côtes du Centre Ouest.

A l’Ile de Ré le papillon est souvent très grand et de couleur assez variée de jaune paille à
rougeâtre ce qui constitue semble-t-il des variations très normales. En Vendée elle est connue des
dunes d’Olonne, Longeville, la Faute (Dr GLAIS, G. DURAND, LUCAS). En Charente Maritime elle
avait été signalée à Ronce les Bains, St Trojan et Royan (BRAUN et SALIS, LUCAS). Nous avons
constaté qu’elle était commune à l’Ile d’Oléron et sur toutes les dunes de ce département où nous
avons piégé (6 watts).

Agrotis vestigialis Hufnagel (1766) (NOCTUIDEA)

Cette espèce halophile eurasiatique est la plus commune de la côte océanique, caractéristique
des côtes sableuses méditerranéennes et atlantiques, particulièrement abondante à Rivedoux plage
(Ile de Ré) et à l’Ile d’Oléron (côte sud). Les dessins et les couleurs des imagos sont très variables. Ils
peuvent être presque entièrement brun, rouge, noir ou ne posséder que quelques traits sagittés légers
de couleurs beige. Quand à la taille elle peut varier de 25 mm pour les petits mâles à plus de 40 mm
pour les grandes femelles. L’espèce a été observée en Vendée aux Sables d’Olonne par De
GRASLIN, à St Jean de Monts par LUCAS, à Royan par BRAUN et SALIS à Ronce les Bains par
MABILLE au Galon d’or.

La chenille qui est polyphage résout ses problèmes de subsistance en s’attaquant aussi bien
aux crucifères qu’aux graminées de la dune. Elle est beaucoup plus difficile à trouver que celle de A.
ripae, le milieu étant encombré par un fort réseau de racines qui s’entrecroisent.

Agrotis ripae Hubner (1823) (NOCTUIDEA)

Espèce halophile commune sur les côtes sableuses du littoral vendéen et charentais,
spécifiquement atlantique. Certainement moins commune que vestigialis, elle vit sur les mêmes
plantes (Kakile maritima, Atriplex arenaria, Salsola kali) au pied desquelles elle se tient cachée, mais
sur la partie la plus basse de la plage. Elle est particulièrement abondante le long des dunes des îles.
Il nous a été difficile de déterminer si dans la région il existait deux générations, son vol étant continu
du 15 juin au 15 septembre.

Les chenilles sont très faciles à trouver dans le sable au pied de Kakile maritima, de fin août à
décembre.

Euxoa obelisca obelisca D. et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Espèce eurasiatique dont la chenille vit sur les racines de graminées du haut de plage, elle est
beaucoup plus commune dans les dunes des côtes sablonneuses du Sud Atlantique que le long des
côtes septentrionales. C’est aussi une espèce du continent mais beaucoup plus sporadique et qui
s’observe par unité. Le long de l’Atlantique elle peut être abondante au cours d’une année et sembler
disparaître l’année suivante. Elle a été signalée de-ci de-là. Nous l’avons prise à Royan, la Coubre,
l’Ile d’Oléron, l’Ile de Ré.

Mythimna littoralis Curtis (1827) (NOCTUIDEA)

Espèce atlanto-méditerranéenne, halophile, spécifique de la dune, commune dans l’Ile de Ré,
Oléron et à la Coubre (Charente Maritime).
L’éclosion se produit surtout au cours de la deuxième quinzaine d’août.

Nous n’avons jamais pris
la bête au printemps. Elle vient plus abondamment à la miellée qu’à la lumière, où en période sèche
elle dispute sa place à M. vitellina.

La chenille qui vit probablement sur Psamma arenaria peut se trouver aussi sur d’autres
graminées. Elle est aussi facile à découvrir le jour en creusant le sable au pied des oyats.

Elle a été signalée du Morbihan à la Gironde par DE JOANNIS, DE GRASLIN, BRAUN et
SALIS, LUCAS et TRIMOULET.

La liste des espèces suivante peut être considérée comme aussi bien inféodée à la dune
fixée, qu’à la pinède, les plantes nourricières étant bien moins spécialisées et existant à l’intérieur des
terres. Mais si nous avons considéré qu’elles étaient caractéristiques de ces deux biotopes c’est
qu’elles y sont très abondantes alors qu’ailleurs on ne les rencontrent que plus rarement.

Heliothis maritima De Graslin (1855) (NOCTUIDEA)

Espèce du littoral Sud Atlantique et des côtes languedociennes, nous ne l’avons jamais prise au
U. V. dans les îles, alors que H. dipsacea L. y est assez abondant.

Elle a été prise en Vendée aux Sables d’Olonne, à St Nicolas de Jard et à la Faute par LUCAS,
en Charente Maritime à St Trojan par MABILLE. La chenille vivrait sur les spergulaires côtières selon
GELIN, sur les Limonium selon LUCAS ce qui paraît vraisemblable si l’on compare les populations et
les plantes existantes dans leur environnement.

Aporophila australis Boisduval (1829) (NOCTUIDEA)

Espèce méridionale très commune en octobre à l’Ile de Ré où elle vit sur les graminées de la
dune. Nous avons pris de nombreux exemplaires au piège U. V. par une température assez basse,
8°c à 17 heures au coucher du soleil, gelée blanche le matin ce qui peut paraître surprenant pour une
espèce méditerranéo-asiatique eurybionte.

Elle se prend couramment sur le continent mais par individus isolé et non par dizaines comme
dans les Iles. Nous l’avons prise à Niort (Deux-Sèvres) ; GELIN l’avait signalée à Niort ; LUCAS à St
Jean de Monts en Vendée, VIGE à Dompierre sur mer (Charente Maritime).

Eublemma candidana Fabricius (1794) NOCTUIDEA)

Espèce très commune sur les dunes de l’Ile d’Oléron, beaucoup moins commune à l’Ile de Ré.

Elle a été signalée sur tout le littoral du Centre Ouest où la plante nourricière Helichrysum stoechas
est présente.

Mythimna sicula Treitschke (1835) (NOCTUIDEA)

Espèce méditerranéo-Atlantique qui se prend ça et là à l’intérieur des terres en Charente, Deux-
Sèvres et Vendée. Elle est beaucoup plus commune sur les dunes de l’Ile de Ré et d’Oléron où la
chenille a à sa disposition des graminées qui lui conviennent. Considérée comme commune sur la
côte océanique entre Loire et Gironde par DE GRASLIN, LUCAS, DURAND, MABILLE, GOUIN et
BREIGNET.

Mythimna vittellina Hubner (1802) (NOCTUIDEA)

C’est une espèce commune partout, mais qui peut se trouver en nombre extraordinaire fin août
sur la dune. En 1961, nous en avons compté plus de 500 qui se bousculaient autour d’une miellée de
20 cm² posée sur un tronc de pin (Plage du platin de Rivedoux, Ile de Ré).
On ne peut évidemment pas considérer cette espèce eurasiatique comme caractéristique de la
dune. Mais par son développement extraordinaire en certains points de celle-ci abondamment
couverts de graminées, il nous est apparu qu’il lui était dû une mention spéciale.

Mythimna unipuncta Haworth (1809) (NOCTUIDEA)

Espèce d’origine néotropicale, cosmopolite qui a causé au cours des siècles passés de graves
dommages aux cultures céréalières aux Etats-Unis, aux Indes, etc …
Elle est commune dans le Sud de la France partout où les graminées qui conviennent à sa
nourriture existent en quantités suffisantes.

Jusque vers 1975, l’espèce se prenait régulièrement à Royan mais d’une façon limitée en nombre.

A Niort par contre nous ne l’avons pris que trois fois en trente ans et en novembre seulement. GELIN
en avait pris deux exemplaires en novembre 1903 à Niort. L’auteur semblait douter de la véracité de
sa prise puisque l’indication du département est accompagnée d’un point d’interrogation dans son
catalogue.

En 1976, année exceptionnellement chaude nous prenions plusieurs exemplaires à Niort en
septembre et novembre en constatant à l’évidence deux générations bien distinctes ; puis en 1977 un
exemplaire dans le Sud des Deux-Sèvres (Hanc) à 50 km de Niort.
Depuis le nombre des prise n’a fait qu’augmenter mais surtout depuis qu’en 1980 nous avons pris
un exemplaire à l’Ile de Ré fin avril. Avec les hivers très doux que nous avons subi de 1980 à 1984 il y
avait vraisemblablement possibilité d’hivernage à Niort. En 1983 et 1984 au piège à tube U. V. (20
watts) nous avons pris à Niort :

- en mai juin quelques individus isolés
- en août septembre une moyenne de dix individus par nuit (période sans lune)
- en novembre une moyenne de vingt individus par nuit (période sans lune)

A noter qu’à Niort il y a la concurrence ou le concours de l’éclairage public. Ces deux dernières
années cette espèce était de loin la plus commune dans les pièges.
A Niort, nous sommes loin de la dune de la Coubre ou de l’Ile de Ré, raison qui n’est pas en
faveur de son classement comme caractéristique au niveau de la dune. Mais le suivi de son évolution
de Royan ou de l’Ile de Ré vers Niort montre sa progression vers l’Est en fonction du climat et des
cultures de maïs.

L’hiver 1984-1985 qui se déroula avec un froid que nous n’avions pas connu depuis 1956 semble
avoir bloqué cette poussée vers le centre, mais si l’espèce est beaucoup moins abondante, nous
avons repris quelques exemplaires à Niort et à Hanc à l’automne 1985 et à l’automne 1986 ce qui
montre qu’elle a du se maintenir sur les graminées de la dune, et qu’elle est prête à recoloniser
l’intérieur des terres à l’occasion d’une nouvelle série d’hivers cléments.
Nous ne quitterons pas la dune sans relever quelques espèces assez communes dans la région
mais beaucoup plus abondantes le long des côtes sableuses.

Pontia daplidice Linnaeus (1758) (PAPILIONOIDEA)

Abondante sur les sols sablonneux et surtout les marais salants comme sur la côte
languedocienne.

En raison de la disparition des zones naturelles sur le continent il n’y a plus guère que dans les
friches qui subsistent encore près des bois et des forêts et surtout sur la dune que l’on peut rencontrer
cette espèce dans le Centre Ouest.

Euchloë ausonia crameri Butler (1869) (PAPILIONOIDEA)

Tous les individus rencontrés depuis 40 ans en avril à l’intérieur des terres nous ont donné
l’impression que par le vol rapide et la direction uniforme (Sud-Est Nord-Est) nous étions en présence
de migrations.

A la même époque sur la dune, le papillon a un comportement très différent butinant d’une plante
à une autre par petits vols.

On le trouve abondamment à l’Ile de Ré, à la Tranche sur Mer et tout autour de la baie de
l’Aiguillon, partout où poussent en nombre des crucifères et en particulier des biscutelles.

Malocosoma franconica joannisi Viette (1965) (BOMBICOIDEA)

Il semble que cette variation de l’espèce n’ait été rencontrée que de la Vendée au Morbihan.

Presque toutes les prises réalisée en Vendée l’ont été sur les dunes d’Olonne par G. DURAND.

Euxoa tritici Linnaeus (1761) (NOCTUIDEA)

L’espèce qui existe dans toute la région n’est vraiment abondante que sur le littoral sablonneux où
la chenille a de nombreuses graminées à disposition.

Agrotis trux trux Hubner (1824) (NOCTUIDEA)

En 45 ans de chasse à la lumière, nous avons pris seulement deux exemplaires à Niort et un dans
le marais Poitevin ( Deux-Sèvres) alors que sur la dune de Rivedoux (Ile de Ré) on peut en prendre
de 20 à 50 en une seule nuit fin août. La bête vient aussi bien à la lumière qu’à la miellée.

Elle est extrêmement variée avec parfois de beaux reflets rosées ou lilas parmi lesquelles on peut
y trouver la variation terranea couramment.

Leucochloena oditis oditis Geyer (1832) (NOCTUIDEA)

Assez commun dans toute la région mais très abondant sur les dunes à graminées en particulier à
l’Ile de Ré.

Idaea infirmaria aquitanaria Constant (1865) (GEOMETRIDEA)

Le catalogue de GELIN et LUCAS cite cette espèce en de nombreux points des côtes
vendéennes et charentaises.

Idaea circuitaria Hubner (1819) (GEOMETRIDEA)

N’a été pris que sur le littoral océanique surtout en Vendée (St Nicolas de Jars).

Pelurga comitata L. (1758) (GEOMETRIDEA)

Se prend de ci de là à l’intérieur des terres, mais fort commun sur la dune fin août septembre à
Rivedoux (Ile de Ré). Nous l’avons pris aussi à l’Ile d’Oléron. Il a été pris à Fouras et à Royan par
GELIN et à Ronce les Bains par LUCAS.

Dyscia fagaria albidaria Staudinger (1871) (GEOMETRIDEA)

Commune sur les dunes des Iles de Ré et d’Oléron mais peut-être plus à Rivedoux plage où les
variations de couleurs sont importantes et où la forme fagaria originale est présente.

Nous n’avons pris cette espèce que fin août septembre alors que le catalogue de GELIN et
LUCAS indique mai-juin.

Signalé aux Sables d’Olonne par DE GRASLIN et à Royan par BRAUN et SALIS.

Zygaena sarpedon Hubner (1790) (ZYGAENOIDEA)

Alors qu’on ne le rencontre que très sporadiquement dans les petits bois calcaires Calcaire Roche sédimentaire essentiellement composée de carbonate de calcium CaCO3. de la Charente
Maritime et des Deux-Sèvres, il est commun sur les dunes où sa chenille peut être trouvée sur les
Erygium campestre et maritimum. C’est une espèce variable dont OBERTHUR a fait une forme
particulière pour l’Ouest océanique : carmencita, forme qu’on retrouve dans les garrigues
languedociennes avec des exemplaires minuscules.

2. La pinède dunaire

Pandoriana pandora D. Et S. (1775) (PAPILIONIDEA)

Semble de plus en plus rare à l’intérieur de la région où il ne se prend plus qu’accidentellement en
forêt. Par contre il est toujours très commun dans les bois de pins du littoral des premiers jours de juin
au 15 août. Il est particulièrement commun certaines années aux Portes (Ile de Ré) et en forêt
d’Olonne où de belles variations ont été trouvées.

Parahyparchia semele L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Espèce n’existant plus pratiquement qu’en de très rares points à l’intérieur des terres du Centre
Ouest. Par contre elle est restée commune dans les bois de pin et de chêne du littoral où elle se pose
sur les pierres, les troncs, tout ce qui constitue un léger relief par rapport à l’uniformité du sol plat.

Thaumetopoea pityocampa D. Et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Comment pourrait-on passer sous silence un lépidoptère qui pose partout en France des
problèmes dans les forêts de pin et qui pour des raisons touristiques est considéré comme un fléau
dans les pinèdes du littoral du Centre-Ouest ?

Notre point de vue est que ce lépidoptère qui n’avait jamais attiré l’attention dans l’Ile de Ré où
nous le suivons depuis plus de 40 ans semble prospérer proportionnellement à la lutte qui a été
entreprise pour freiner son expansion.

Dendrolimus pini pini L. (1758) (NOCTUIDEA)

L’espèce est relativement rare dans les rares bois de pins de l’intérieur, elle est surtout commune
en forêt de la Coubre. Nous ne l’avons jamais pris à l’Ile de Ré ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe
pas au Nord de l’Ile où j’ai assez peu chassé à l’époque de l’éclosion.

Ammoconia caecimacula D. et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Nous n’avons jamais rencontré cette espèce ailleurs que sur la dune et dans les pinèdes à l’Ile de
Ré. Elle n’avait été indiqué qu’à Royan par Braun où ce dernier l’a considéré commune.

Dryobota labecula Esper (1778) (NOCTUIDEA)

La chenille vivant de préférence sur Quercus ilex il n’est pas étonnant qu’on ne rencontre guère
cet Amphipyrinae que dans les pinèdes côtières où le pin est presque toujours accompagné de chênevert.

Si de rares exemplaires ont été signalé à l’intérieur des terres par LUCAS (Auzay), ce sont
surtout BRAUN et SALIS qui l’indiquent à Royan. Nous l’avons pris à Rivedoux (Ile de Ré).

Dryobotodes cerris Boisduval (1840) (NOCTUIDEA)

Espèce des forêts de la côte océanique là où le chêne-vert existe. Très commun à l’Ile de Ré
début septembre.

Dryobotodes tenebrosa Esper (1789) (NOCTUIDEA)

Ne semble pas avoir été pris à l’intérieur des terres, il est très commun dans les bois de pins des
Iles de Ré et d’Oléron. Très variable, de gris violacé à presque noir.
Avait été signalé à Royan par BRAUN et aux deux extrémités de la zone côtière par BUREAU à
Pornic (Loire atlantique) et à Villeneuve (Gironde) par MEGE.

Callopistria juventina Stoll in Cramer (1782) (NOCTUIDEA)

Assez peu commun à l’intérieur où nous avons pris un exemplaire unique à l’Hermitain les
premiers jours d’août. Mais il existe certainement d’une façon plus importante à l’Ile de Ré où il éclôt
fin juin début juillet dans les pinèdes du Sud de l’Ile de Ré dont le sol est couvert par Ptéris aquilina.

Catocala dilecta Hubner (1808) (Noctuidea)

L’espèce est très commune dans les pinèdes de la côte qui abritent des chênes-verts à l’Ile de Ré,
Royan, Ronce les Bains et la Coubre.

A été prise en Vendée par LUCAS aux Sables d’Olonne, à Royan par BRAUN, SALIS et LUCAS.

Catocala conjuncta Esper (1788) (NOCTUIDEA)

Ne semble exister que dans les pinèdes du littoral où nous l’avons pris à la miellée,
communément, à l’Ile de Ré et à la Coubre.

Il avait été pris à la Coubre par BRAUN et SALIS.

Catocala optata Godart (1825) (NOCTUIDEA)

Selon le catalogue de GELIN et LUCAS il a été signalé dans toute la région. Personnellement
nous ne l’avons jamais pris ailleurs que dans les pinèdes du littoral. Dans le Marais Poitevin ou les
forêts de Gâtine où les saules abondent il n’est jamais venu à la lampe ou sur les miellées alors que
fraxini, electa ou elocata viennent facilement.

C’est une espèce que l’on prend à tout coup où elle existe puisque dans les Hautes-Alpes elle
vient très bien à la lumière ou à la miellée. Signalée surtout des pinèdes de la côte par LUCAS,
BRAUN et SALIS.

Catocala conversa Esper (1788) (NOCTUIDEA)

Très commun dans les pinèdes et bois de chênes du littoral. Seul DELAMAIN le signale à
l’intérieur des terres (Jarnac). Il est cité sur les côtes de Vendée et de Charente Maritime par tous les
lépidoptèristes régionaux du début du siècle.

Catocala nymphagoga Esper (1788) (NOCTUIDEA)

Cité seulement à Royan par BRAUN ; point qui constituerait la limite Nord de l’espèce, celle-ci
semblant assez commune dans les Landes alors qu’elle est très commune en Languedoc.

Scotopteryx peribolata Hubner (1817) (GEOMETRIDEA)

Nous n’avons pris cette espèce que dans les Iles mais elle est signalée comme commune sur tout
le littoral par GELIN et LUCAS.

Crocallis dardouinaria atlantica Herbulot (1958) (NOCTUIDEA)

Semble avoir été signalé comme assez commun sur les côtes de Vendée par LUCAS, PREVOT
et DURAND.

Un exemplaire seulement a été pris en Charente Maritime à Rochefort par DELAVOIE. L’absence
des plantes nourricières (Genista et Ulex surtout) explique sa grande rareté dans ce département.

Semiothisa aestimaria Hubner (1809) (GEOMETRIDEA)

Il suffit d’avoir dans son jardin quelques pieds de lavandin qui attire cette espèce, pour se rendre
compte qu’elle existe bien à l’intérieur des terres. Il est vrai que depuis la publication du catalogue de
GELIN et LUCAS les plantations de tamarin sur lequel elle vit sont devenue communes à l’intérieur de
la région.

Nous la prenons communément à Niort fin juillet-août. Cette géomètre est abondante le long du
littoral où elle se situerait aussi bien sur la dune que dans la forêt dunaire.

Elle a été signalée aux Sables d’Olonne (Vendée) par GRASLIN, GELIN et LUCAS ; à
Châtelaillon, Angoulême et Fouras par GELIN ; à La Rochelle et Royan (Charente maritime) par
DELAMAIN.

3. Les marais côtiers

Nous l’avons vu la végétation des marais côtiers est un composite qui peut relever de
l’agropyretum-acuti, de l’atriplicum-arenariae, de l’ephedrum-distachyae et des marais tourbeux.

La faune lépidoptérologique en dépendant sera aussi un composite qui peut être assez maigre,
mais parfois très riche. Le statut de ces derniers est aujourd’hui très menacé et tout ce qu’il en reste
devrait être considéré comme un conservatoire absolu.

La liste des espèces que l’on peut y rencontrer ferait « double emploi » avec la liste des zones
voisines. Nous nous bornerons à indiquer les espèces rares ou menacées en précisant le numéro de
la zone après le nom : (1) la dune de la laisse de mer à la pinède
(2) la pinède dunaire
(3) les marais tourbeux

Discestra stigmosa atlantica Boursin (1936) (NOCTUIDEA) (1)
Mamestra blenna Hubner (1824) (NOCTUIDEA) (1)
Hadena irregularis Hufnagel (1776) (NOCTUIDEA) (1)
Agrotis graslini graslini Rambur (1848) (NOCTUIDEA) (1)
Mythimna littoralis Curtis (1827) (NOCTUIDEA) (1)
Malocosoma franconica joanisi Viette (1965) (BOMBICOIDEA) (1)
Crocallis dardouinaria atlantica Herbulot (1958) (GEOMETRIDEA) (2)
Lycaena dispar burdigalensis Lucas (1913) (PAPILIONIDEA) (4)
Laelia coenosa Hubner (1808) (NOCTUIDEA) (4)
Nonagria typhae Thumberg (1784) (NOCTUIDEA) (4)
Archanara sparganii Esper (1780) (NOCTUIDEA) (4)
Hydraecia osseola Staudinger (1907) (NOCTUIDEA) (4)

4. Les marais tourbeux

Les surfaces restantes très réduites de Marais tourbeux à l’état naturel dans cette région n’ont pas
permis à certaines espèces de survivre. La plupart de celles qui restent sont en voie de disparition et
condamnées à court terme ne serait-ce que par la consanguinité.
Ce qui se passe dans le centre ouest pourrait être considéré comme dommage, sans plus, s’il
n’en était pas de même dans toute l’Europe. Il est des variations géographiques qui risquent fort de
disparaître à jamais.

Figureront dans la liste ci-après tous les lépidoptères du catalogue de GELIN et LUCAS même
s’ils n’ont pas été revus depuis 20 ans.

Pieris napi napi L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Cette espèce très commune partout atteint ici une densité en deuxième génération qui ne m’est
apparu dépassée que par Araschnia levana (3ème génération) au cours de la période 1950-60.

Beaucoup d’exemplaires ont le voisinage des nervures rembruni.
Ce n’est évidemment pas une espèce caractéristique mais une telle densité de population Population Ensemble d’êtres vivants d’une même espèce, occupant un territoire déterminé, présentant des caractéristiques propres et qui se perpétuent dans le temps. apporte
la certitude de se trouver en milieu humide.

Coenonympha oedippus oedippus Fabricius (1787) (PAPILIONIDEA)

Le catalogue de GELIN et LUCAS page 44 indique : « la race de oedippus abondante dans les
marais de la Sèvre Niortaise (Amuré etc …) »

En ce qui nous concerne nous avons vu disparaître il y a 20 ans les derniers marais « nature »
(par remembrement) où existait C. oedippus et aujourd’hui nous serions dans l’impossibilité d’en
trouver un seul exemplaire dans toute la zone des marais de la Sèvre.

En Charente Maritime DELAVOIE le signale à St Mariens et en Charente OBERTHUR dans la
vallée des Eaux Claires près d’Angoulême.

Lycaena dispar burdigalensis Lucas (1913) (PAPILIONIDEA)

Non signalée dans le catalogue de GELIN et LUCAS, cette espèce a été trouvée un peu partout
dans les cinq départements qui nous intéressent mais seulement en vallées tourbeuses. Cette espèce
remonte quelquefois les vallées au delà de la tourbe mais rarement à plus de quelques kilomètres
dans les prairies naturelles humides de la Charente, de la Sèvre Niortaise et même en forêt de Chizé
(Deux-Sèvre).

Maculinae alcon alcon D. et S. (1775) (PAPILIONIDEA)

Il s’agit probablement de l’espèce qui a subi le plus de dommages, car partout où a disparu la
gentiane pneumonanthe (même si le milieu n’a pas été labouré) l’espèce ne semble plus y exister.
Signalé dans les prairies marécageuses de Civray et de Lussac les Châteaux par d’ALDIN, et par
DUPUY et OBERTHUR dans la vallée marécageuse des Eaux Claires près d’Angoulême.

Existe encore dans la vallée de l’Osme en Charente, en milieu théoriquement protégé (arrêté
préfectoral de biotope).

Maculinae teleius burdigalensis Stempffer (1932) (PAPILIONIDEA)

Semble mieux résister que l’espèce précédente aux modifications de milieu (assèchement) mais
cesse d’exister évidemment quand ce dernier est totalement détruit et remplacé par des champs de
maïs.

Signalée dans le marais de la Sèvre Niortaise par GELIN dans les mêmes lieux que C. oedippus
et comme cette dernière semble avoir disparu.

Signalée de la vallée des eaux claires à Angoulême. Elle a existé dans beaucoup de points de la
vallée d’Osme (affluent de la Charente) où nous ne la connaissons plus qu’en deux points seulement.

Heteropterus morpheus morpheus Pallas (1771) (HESPEROIDEA)

Cette espèce n’est pas aussi caractéristique que les précédentes de ce type de milieu mais dans
les marais de la Sèvre elle est vraiment abondante.
Elle existe dans les vallées des terrains granitiques (Argenton, Sèvre Nantaise) dans les parties
de forêts humides (Chizé, l’Hermitain, Mervent) mais par unité seulement.

Cerura erminea Esper (1784) (NOCTUIDEA)

Se prend un peu partout mais n’est vraiment abondante que dans les marais de la Sèvre
Niortaise.

Tritiphia tritophus D. Et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Ne se prend guère qu’en lieux humides comme erminae, l’abondance de l’espèce étant
évidemment liée aux plantes nourricières (peupliers, saules).
N’est commun que dans les marais de la Sèvre Niortaise où existe une véritable forêt de peupliers
et de saules cendrés.

Laelia coenosa Hubner (1808) (NOCTUIDEA)

Signalé par GELIN dans les marais des Deux-Sèvres où il semble avoir disparu depuis une
quarantaine d’années.

Nous avons tenté une réintroduction dans les marais de Sansais en août 1982 (une centaine de
jeunes chenilles).

BRAUN et SALIS l’ont noté à Royan, LUCAS à Ronce les Bains et DURAND à Olonne.

Leucoma salicis L. (1758) (NOCTUIDEA)

A été signalé dans les cinq départements de la région étudiée et nous l’avons pris en Vendée ;
Vienne et Charentes.

Il est abondant particulièrement certaines années dans les marais de la Sèvre Niortaise, années
au cours desquelles il peut causer des dommages aux plantations de peupliers.

Gastropacha populifolia Esper (1781) (BOMBICOIDEA)

N’avait été signalé que dans les Deux-Sèvres et la Charente Maritime par GELIN et LUCAS, mais
il existe dans toute la région, partout où le peuplier constitue des boisements d’une certaine surface.
Il est commun dans les marais de la sèvre sans toutefois déborder dans les vallées supérieures
dès que l’on sort du Marais Poitevin.

Les deux générations semblent avoir chaque année des dates bien précises d’éclosion qui se
situent dans les périodes des 20 juin-5 juillet et 25 août-10 septembre.
Les éclosions sont massives puisqu’on peut prendre une dizaine d’exemplaires au cours d’une
soirée et absolument rien à partir du lendemain.

Apamea aphiogramma Esper (1793) (NOCTUIDEA)

Beaucoup plus commun que ne l’indique le catalogue de GELIN et LUCAS, il existe dans tous les
marais tourbeux des cinq départements, suffisamment pour en voir plusieurs exemplaires au cours
d’une soirée de prospection à la lumière.
Il est d’aspect très varié, beaucoup plus d’ailleurs dans les vallées de la Charente et de ses
affluents que dans les vallées de la Sèvre Niortaise.

Mesoligia literosa Haworth (1809) (NOCTUIDEA)

N’avait pas été signalé dans la région. Nous l’avons rencontré assez communément dans la
Haute vallée de l’Osme (Charente) en plusieurs stations mais toujours dans des zones tourbeuses ou
des prairies naturelles humides.

Celaena leucostigma Hubner (1809) (NOCTUIDEA)

Doit exister dans tous les marais de la région, non signalé par GELIN et LUCAS mais nous
l’avons rencontré dans le Marais Poitevin à Amuré, le Bourdet et dans la vallée de l’Osme.

Hydraecia micacea Esper (1789) (NOCTUIDEA)

Se rencontre en tout lieu humide mais il est abondant dans les marais à tourbe où on peut en
prendre une vingtaine entre 22h et 24h en septembre, aux U. V.

Gortina borelii borelii Pierret (1837) (NOCTUIDEA)

L’espèce a été rencontrée à Niort, Angoulême, Hanc (Deux-Sèvres) il y a déjà plus de 25 ans.

Nous ne l’avons pas retrouvée à Niort depuis en raison probablement de la disparition de la plante
nourricière dans la région.

Nonagria typhae Thunberg (1784) (NOCTUIDEA)

L’espèce a été signalé dans les cinq départements de la région non seulement dans les marais à
tourbe, mais aussi dans tout lieu humide où croissent des Typha et autres plantes aquatiques ; Marais
Poitevin en particulier.

Archanara sparganii Esper (1790) (NOCTUIDEA)

Présent sur au moins trois départements dans le Marais Poitevin et les marais côtiers non salés.

Hydraecia osseola Staudinger (1907) ssp. hucherardi Mab. f. subrufa Lucas (NOCTUIDEA)

Cette espèce avait seulement été signalée dans l’Ile d’Oléron par DUMONT et à Royan par
BRAUN ; nous l’avons retrouvée. Elle est plus commune qu’on l’a noté jusqu’à ce jour dans les marais
à phragmites (vallée de la Charente).

Elle habite tout le Marais Poitevin de la mer jusqu’aux abords de Niort. Les éclosions se situent du
10 septembre (Oléron) au 15 octobre (Ouest de Niort).

La plante nourricière poussant aussi bien sur les dépôts marins que sur la tourbe l’espèce n’est
pas seulement inféodée aux marais à tourbe.

Rhizedra lutosa Hubner (1803) (NOCTUIDEA)

Si elle est très connue dans le marais, elle existe un peu partout dans la zone.
Assez commune à Niort, Saintes et Royan.

Mythimna pudorina D. et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Beaucoup plus commun que le relate le catalogue de GELIN et LUCAS dans toute la zone où on
le rencontre. Dans tous les lieux très humides et particulièrement sur la tourbe.

Vallées de la Sèvre niortaise et de la Charente.

Mythimna impura Hubner (1808) (NOCTUIDEA)

Dans tous les lieux humides et particulièrement sur la tourbe.
Comme l’espèce précédente elle est beaucoup plus commune que ne le relate le catalogue de
GELIN et LUCAS dans toute la zone où on la rencontre : vallées de la Sèvre et de la Charente.

Mythimna straminea Treitschke (1825) (NOCTUIDEA)

C’est une espèce qui peut être rencontrée assez communément dans les cinq départements, très
abondante dans les zones humides.

Toutes les vallées de la Sèvre, de la Charente et de leurs affluents.

Sedina buettneri Hering (1858) (NOCTUIDEA)

Un exemplaire pris dans un marais à phragmites et Euphorbia palustris (vallée de la Courance).

Symira albovenosa Goeze (1781) (NOCTUIDEA)

L’espèce n’avait été signalée qu’autour de la région Poitou Charente (Loire atlantique, Cher,
Gironde).

Nous avons pris plusieurs exemplaires dans la vallée de l’Osme (Charente).

Ipimorpha retusa L. (1761) (NOCTUIDEA)

Dans toute la zone en terrains humides mais l’espèce est particulièrement abondante sur les
marais tourbeux de la Sèvre Niortaise et de la Charente.
Selon le catalogue de GELIN et LUCAS elle n’avait été signalée qu’à Niort.

Ipimorpha subtusa D. et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Dans toute la zone en terrains humides, l’espèce est surtout abondante dans les marais de la
Sèvre Niortaise et de la Charente. Elle remonte jusqu’aux sources le long des vallées.

Xanthia togata Esper (1788) (NOCTUIDEA)

Espèce très rare en dehors des marais à tourbe où elle est très abondante.

Marais d’Amuré et du Bourdet (Deux-Sèvres), marais de l’Osme à Longré (Charente).

Eustrotia uncula Clerck (1759) (NOCTUIDEA)

Très commun dans tout les marais de la Sèvre Niortaise, seulement quelques rares individus
dans les marais de la Charente.

Deltodes bankiana Fabricius (1775) (NOCTUIDEA)

Commun dans tous les marais et zones humides des cinq départements.

Lithacodia pygarga Hufnagel (1766) (NOCTUIDEA)

Très commun dans tous les marais de la Sèvre Niortaise un peu moins dans la vallée de la
Charente.

Eucarta amethystina Hubner (1803) (NOCTUIDEA)

Nous l’avons pris seulement en deux zones du département des Deux-Sèvres :, dans les marais
de la Gorre, Epannes, Le Bourdet où depuis le remembrement de 1966 il se fait excessivement rare,
ainsi qu’à Hanc (où il semble qu’il existe deux générations) dans une zone non tourbeuse mais à
proximité de laquelle existe une friche couverte de Peucedanum cervaria.

Catocala fraxini L. (1758) (NOCTUIDEA)

Répandue dans toute la région mais n’est seulement très commune que dans les marais de la
Sèvre Niortaise où le peuplier abonde dans les marais tourbeux.

Catocala electa Vieweg (1790) (NOCTUIDEA)

Répandue dans toute la zone comme l’indique le catalogue de GELIN et LUCAS mais seulement
en milieu humide ce qui ne veut pas dire tourbeux.

Philereme vetulata D. et S. (1775) (GEOMETRIDEA)

Quelques exemplaires un peu partout, mais très commune seulement dans le Marais Poitevin et
la vallée de l’Osme (Charente).

Eulithis testata L. (1761) (GEOMETRIDEA)

Commune dans les marais tourbeux de la Sèvre Niortaise et de la Charente. Nous ne l’avons
jamais prise ailleurs.

Ennomos alniaria L. (1758) (GEOMETRIDEA)

Répandue dans toute la zone mais abondante dans les marais de la Sèvre Niortaise.

Chariaspilates formosaria Von Eversman (1837) (GEOMETRIDEA)

Espèce en nette régression qui à notre connaissance n’existe plus qu’en deux points de la région,
dans les marais de la Gorre au Bourdet (Deux-Sèvres) et dans les marais de l’Osme à Paizay-
Naudouin (Charente)
A été signalé à Angoulême au début du siècle par DUPUY.

Rhyparia purpurata L. (1778) (NOCTUIDEA)

On peut le rencontrer un peu partout dans la région mais n’est vraiment commune qu’en marais
qu’il soit tourbeux ou non.

Diacrisia metelkana Lederer (1861) (NOCTUIDEA)

Selon le catalogue de GELIN et LUCAS, l’espèce se prenait avant la dernière guerre dans les
marais de la Sèvre Niortaise (à l’état naturel).

La disparition de ce type de marais remplacé par le maïs fait que l’espèce est devenue très rare si
elle n’est pas maintenant disparue. A notre connaissance, elle n’a pas été reprise depuis 40 ans.

Eucharia deserta Bartel (1902) (NOCTUIDEA)

Plusieurs exemplaires avaient été capturés par GELIN et LUCAS au début du siècle à Amuré.

Nous n’y avons pas repris l’espèce mais par contre nous en avons rencontré plusieurs exemplaires
dans la vallée de l’Osme à Longré (Charente).

Callimorpha dominula L. (1758) (NOCTUIDEA)

Commune dans les marais à tourbe de la Sèvre Niortaise et de la Charente où on peut rencontrer
la variété lusitanica.

Hepialus humuli L. (1758) (HEPIALOIDEA)

Commune dans les zones tourbeuses des vallées de la Sèvre Niortaise et de la Charente.

5. Les côteaux et chaumes, les petits bois de chênes malingres des calcaires oxfordiens et rauraciens

Dans cette étude, les données faunistiques de ce type de terrains proviennent surtout :

- du Sud des Deux-Sèvres : chaumes du canton de Chef-Boutonne et de Couture d’Argenton. Petits
bois de chênes de Chef-Boutonne, Aulnay, Mauzé (Mallet, Olbreuse, Amilly).

- du Nord de la Charente : chaumes et coteaux et petits bois de chênes des cantons d’Aigre,
Villefagnan, Ruffec, Rouillac, Mansle.

Par ailleurs des renseignements ont été recueillis sur des informations laissées par les
entomologistes qui ont chassé au sud d’Angoulême (DUPUY) et dans la région de Royan (BRAUN et
SALIS).

Aporia crataegi L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Notée comme plus ou moins abondante dans la région, l’espèce a sensiblement régressé avec
les remembrements et nouveaux modes de culture à tel point que les chaumes sont devenues les
derniers refuges de l’espèces où Crataegus et Prunus spinosa sont les végétaux occupant les plus
grandes surfaces.

Colias australis Verity (1911) (PAPILIONIDEA)

C’est vraiment l’espèce type des petits bois dont les clairières, les allées sont couvertes de
légumineuse Légumineuse Plante contenant des protéines et des acides aminés essentiels et ayant une forte capacité à fixer l’azote atmosphérique. En agriculture elle est utilisée dans un but alimentaire pour les hommes et les animaux (ex : trèfle, luzerne, pois, haricot).  : Hippocrepis, Lotus, Medicago, …

Mellicta athalia athalia Rottemburg (1775) (PAPILIONIDEA)

Même cas qu’A. crataegi, l’espèce n’existe plus guère qu’en bordure des petits bois. Elle est
abondante mais les lieux où on la trouve sont devenus rares.

Mellicta parthenoides parthenoides Kerferstein (1851) (PAPILIONIDEA)

Autrefois plus commun qu’athalia sur ce type de zone il y est devenu encore plus rare, le biotope
constitué par des coteaux et chaumes non boisés n’existant pratiquement plus.

Clossiana dia dia L. (1767) (PAPILIONIDEA)

Cette argynne a mieux résisté que d’autres dans ce type de zone, il suffit qu’il soit resté une
dizaine d’ares de chaumes intacts pour qu’il se soit maintenu.

Fabriciana niobe niobe L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Le catalogue de GELIN et LUCAS ne signalait l’espèce qu’au Sud d’Angoulême (DUPUY). Durant
la période 1940 à 1965 (avant remembrement), nous avons noté d’assez nombreux foyers surtout
dans les petits bois de chênes des cantons de Ruffec, Villefagnan, Aigre (Charente) ; des cantons de
Chef-Boutonne, Brioux (Chizé), Mauzé (Deux-Sèvres) ; du canton de Surgères (Charente Maritime).

Depuis vingt ans ces foyers disparaissent progressivement, les milieux favorables à son
développement étant mis en culture.

Chazara briseis briseis L. (1764) (PAPILIONIDEA)

De ci de là dans le Sud de la Vienne, les Deux-Sèvres et la Charente. Bon nombre de points de
vol en Charente et Deux-Sèvres ont disparu depuis vingt ans. Sur une dizaine connus vers 1960 nous
n’en connaissons plus qu’un seul maintenant.

Brinthesia arethusa arethusa D. et S. (1775) (PAPILIONIDEA)
Espèce commune vers 1960 et que nous considérons disparue dans le Sud des Deux-Sèvres et
le Nord des Charentes.

Strimonidia pruni L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Pratiquement inconnu dans cette région au début du siècle, sauf deux exemplaires pris à St
Maixent. Nous l’avons trouvé en Charente-Maritime (Les Combrands, Benon, tous les petits bois du
canton de Surgères), en Deux-Sèvres à Hanc : dans des zones où Prunus spinosa domine toute la
végétation.

Plebejus argus argus L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Beaucoup moins commun qu’au début du siècle il n’existe plus guère que dans les biotopes
spécifiques précisés par GELIN et LUCAS (coteaux secs des calcaires oxfordiens). Plus rare à
l’intérieur des terres que sur la côte atlantique.

Plebejus argyrognomon laria Verity (1937) (PAPILIONIDEA)

Espèce particulièrement inféodée aux petits bois de chênes de la région et qui s’est maintenue
parfois sur des surfaces de quelques ares, isolées au milieu des cultures.
Cette espèce est très belle dans la région avec sa magnifique tache vert-bleu métallique du
dessous des ailes postérieures qui atteint quelque fois un millimètre de diamètre.

Pseudophilotes baton baton Bergstrasser (1779) (PAPILIONIDEA)

Au contraire de l’espèce précédente, qui vivait surtout sur les vieilles prairies artificielles au sol
sec, a beaucoup moins résisté aux techniques de l’agriculture moderne. Alors que nous aurions pu
trouver plusieurs dizaines de biotopes qui lui conviennent il y a trente ans nous n’en connaissons plus
que deux ou trois dans des vallées sèches à proximité de Niort.

Lysandra bellargus Rottemburg (1775) (PAPILIONIDEA)

Moins répandu qu’autrefois mais toujours abondant dans tous les bois poussant sur les calcaires
dans la région.

Les variations ceronus Esp et coelestis Oberthur sont communes et peuvent accompagner les
populations types dans une proportion pouvant atteindre 20% au cours de la deuxième génération.

Les variations portent aussi souvent sur un effacement des dessins du dessous des ailes pouvant
aller jusqu’à un faciès uniformément gris.

Lysandra coridon Poda (1761) (PAPILIONIDEA)

Sur les mêmes biotopes que l’espèce précédente avec une abondance au moins égale.

La variation syngrapha est commune, on rencontre de nombreuses formes de transition.

Cette espèce, comme la précédente, occupait il y a trente ans de nombreux espaces dans la
région, elle reste abondante mais en forêt seulement. Un espoir pour ces deux espèces : les larges
talus d’autoroutes qu’elles ont commencés à conquérir.

Maculinea arion L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Cette espèce a bien résisté sur ces biotopes, malheureusement ces derniers ont au moins été
détruits à 95% dans ces zones.

Everes argiades Pallas (1771) (PAPILIONIDEA)

Nous avons eu quelques hésitations à considérer cette espèce comme représentative de ces
zones. On la rencontre surtout dans leurs parties humides (très mouillées jusqu’à la fin du printemps
mais souvent sèches et calcinées au début de l’automne).

Elle était commune à Hanc sur les chaumes oxfordiennes avant remembrement, elle n’existe plus
que dans la partie basse de notre réserve sur un demi hectare (surface totale de la réserve 2.5 Ha.).

Elle est connue des forêts de Chizé et de l’Hermitain sur les fonds les plus humides.

Ocneria rubea Fabricius (1787) (NOCTUIDEA)

Peut-être considérés comme vivant dans ce type de zone, les deux exemplaires que nous avons
pris l’ayant été à proximité de bois dans le canton d’Aigre (Charente).

Les rares exemplaires pris dans la région l’ont été en forêt sauf les deux exemplaires pris à Niort
par GELIN qui ne précise pas la nature du biotope.

Euxoa migricans L. (1761) (NOCTUIDEA)

Relativement commune dans les chaumes de Hanc (Deux-Sèvre).

Nous n’avons pris cette espèce que sur ce type de terrain.
Les prises les plus proches du sud des Deux-Sèvres se situent à Royan (BRAUN et SALIS) et Angers.

Episema scoriacea Esper (1789) (NOCTUIDEA)

Très commune sur les terrains calcaires secs et incultes (Hanc). Assez commune il y a une
trentaine d’années à Niort, mais semble avoir disparu en même temps que les prairies naturelles.

Tholera cespitis D. et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Peu répandu dans la région selon le catalogue de GELIN et LUCAS. Nous le prenons
communément sur le calcaire oxfordien à Hanc (fin août – septembre) certaines années seulement.

Polymixis canescens canescens Duponchel (1826) (NOCTUIDEA)

Nous n’avons jamais pris cette espèce ailleurs que sur les calcaires oxfordiens où elle est
relativement commune dans les cantons d’Aigre, Villefagnan, Aulnay, Chef-Boutonne.

Il semble surprenant que la chenille s’alimente sur Trifolium pratense car c’est bien une zone
sèche où cette plante est fort peu abondante.

Meganephria bimaculosa L. (1767) (NOCTUIDEA)

Nous n’avons pris cette espèce qu’à Hanc en pleine zone de calcaire oxfordien, elle y est
commune certaines années, mais cela s’explique par la présence de la plante nourricière Prunus
spinosa
qui y est très abondante.

Lamprosticta culta D. et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Considéré comme rare par le catalogue de GELIN et LUCAS. Assez commun dans le sud du
département des Deux-Sèvres et le Nord de la Charente.
Pris aussi à Niort et à l’Ile de Ré.

Actinotia polyodon Clerck (1759) (NOCTUIDEA)

Apparemment ce n’est pas une espèce spécifique de ce type de zone puisque s’élevant sur
Hypericum on devrait la trouver partout... Mais dans toute la région elle n’avait été noté qu’à
Dompierre sur mer par VIGE.

Nous ne l’avons pris qu’à Hanc, mais en 1983 elle a été trouvée à l’Ouest de Poitiers (St Hilaire
de Vouillé) par PHALIP.

Acosmetia caliginosa Hubner (1813) (NOCTUIDEA)

Les plantes nourricières en particulier Serratula tinctoria et Sanguisorba minor abondent dans les
zones les plus humides d’où une présence assez commune de la noctuelle qui nous a donné
l’impression d’éclore en deux périodes distinctes : mai-juin et juillet-août.
Elle avait été prise dans le marais d’Amuré (Deux-Sèvres) par LUCAS et à Rochefort par
DELAVOIE (trois exemplaires en tous pour la région).

Cucullia xeranthemi Boisduval (1840) (NOCTUIDEA)

Les seuls exemplaires récoltés proviennent du même endroit (chaumes de Villemanan de Hanc).

Ne figure pas sur le catalogue de GELIN et LUCAS.

Eucarta amethystina Hubner (1803) (NOCTUIDEA)

Peut être considéré comme spécifique de ces zones argileuses où poussent souvent
abondamment Peucedanum cervaria.

Parascotia fuliginaria L. (1761) (NOCTUIDEA)

Commune dans la zone de chaumes et petits bois de chênes du Sud Deux-Sèvres et Nord
Charente en particulier à Hanc.

En 45 ans de piégeage à Niort je n’ai pris qu’un seul exemplaire. Les prises les plus proches de
Niort se situent à Nantes et Bergerac.

Hemaris tityus L. (1758) (SPHINGOIDEA)

Les prés naturels constituaient des lieux de prédilection pour l’espèce qui s’est évidemment très
raréfiée avec leur disparition quasi totale depuis 20 ans.

La rencontre est encore possible puisque la diapositive d’un accouplement a pu être faite dans les
premiers jours de juin dans notre réserve de Villemanan de Hanc.
Il se rencontre plus guère maintenant que dans les zones forestières où il est cependant bien
moins commun que l’espèce voisine fuciformis.

Scotopteryx luridata Hufnagel (1767) (GEOMETRIDEA)

Espèce non spécifique de ces zones mais où elle pullule véritablement.

Pseudoterpna coronillaria Hubner (1817) (GEOMTRIDEA)

Etait commune dans toute la région comme l’indique le catalogue de GELIN et LUCAS, mais se
fait de plus en plus rare par suite de la disparition de son milieu, ne reste vraiment abondante que
dans ce type de zone.

Siona lineata Scopoli (1763) (GEOMETRIDEA)

Espèce des prairies humides, en voies de disparition.

Zygaena hippocrepidis Hubner (1799) (ZYGAENOIDEA)

Très commune sur terrains calcaires en deux générations où Hippocrepis comosa est très
abondant.

Zygaena ephialtes L. (1767) (ZYGAENOIDEA)

Beaucoup moins commune que l’espèce précédente, ne se prend en quantité que sur les
chaumes et clairières calcaires sous les formes peucedani et althamanthae.

Mesembrynus purpuralis scabiosae Scheven. (1777) (ZYGAENOIDEA)

Il s’agit vraiment de l’espèce type de ces zones où elle développe de magnifiques variations dont
la variété miniacea Oberthur.

Agrumenia fausta L. (1737) (ZYGAENOIDEA)

Pas aussi typique des terrains calcaires que l’espèce précédente, mais ne se rencontre que fort
peu sur les autres terrains de la région.

6. Les forêts sur sol primaire ou terre à chataigniers

Ce type de zone correspond à notre avis à la zone « moyenne » la plus fréquente sur tout le
territoire français, celle qui est la plus eurasiatique.

Limenitis camilla camilla L. (1764) (PAPILIONIDEA)

Répandu et commun dans ce type de zone.

Aphantopus hyperanthus L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Commun en sous-bois dans ce type de zone.

Quercusia quercus L. (1758) (PAPILIONIDEA)

Caractérise dans notre région ce type de bois, la chenille comme son nom l’indique vit sur le
chêne ; cependant nous n’avons jamais rencontrée l’espèce sur les petits chênes maigres des terrains
calcaires secs. Par contre l’espèce est souvent abondante sur terrains primaires.

Lampides boeticus L. (1767) (PAPILIONIDEA)

Commun certaines années au mois d’août dans ces bois où le genêt occupe une bonne place
(l’Hermitain, la Sésine, bois du Mellois). Les éclosions d’août proviennent sans aucun doute des
migrations de mai. Nous n’avons jamais rencontré l’espèce au printemps ce qui n’est pas une preuve
mais permet d’avancer ce point de vue.

Nous avons fait un essai pour vérifier cette supposition. A Niort et à Hanc en terrain calcaire (pas
de genêt) nous avons planté quelques pieds de Colutea arborescens ; ils fleurissent depuis quatre ans
et depuis nous voyons tous les ans en juillet-août L. boeticus voleter autour de nos arbustes alors
qu’antérieurement nous n’en avions jamais vu un seul.

Carterocephalus palaemon Pallas (1771) (HESPEROIDEA)

N’existe dans la région que dans les grandes forêts de ce type : l’Hermitain, la Sésine,
Secondigny. Selon le catalogue de GELIN et LUCAS il aurait été pris à Angoulême par DUPUY.

Hemaris fuciformis L. (1758) (SPHINGOIDEA)

Peut se rencontrer partout dans la région, mais nous l’avons vu voler, en une telle quantité en
forêt de l’Hermitain que l’on aurait pu croire qu’il s’agissait d’une migration.

Notodonta ziczac L. (1758) (NOTODONTOIDEA)

Partout mais beaucoup plus commun dans ces zones.

Notodonta dromedarius L. (1767) (NOTODONTOIDEA)

Partout mais beaucoup plus commun dans ces zones.

Leucodonta bicoloria D. et S. (1775) (NOTODONTOIDEA)

N’existe que dans ce type de forêt où quelques bouleaux peuvent se développer (forêt de
l’Hermitain, de la Sésine, de Secondigny, d’Arpanteraux).

Clostera anachoreta D. et S. (1775) (NOTODONTOIDEA)

Existe dans les marais de la Sèvre Niortaise et de la Charente mais ne s’y rencontre que
rarement. Par contre il est assez commun dans les parties humides de ce type de forêts où pousse le
saule.

Lymantria monacha L. (1758) (NOCTUIDEA)

Se rencontre un peu partout mais par exemplaire isolé alors que dans les forêts comme celle de
l’Hermitain on peut en voir venir plusieurs dizaines à la lumière au cours d’une nuit. A noter que les
conifères y sont rares.

Endromis versicolora versicolora L. (1758) (BOMBICOIDEA)

En dehors des forêts de ce type (l’Hermitain, la Sésine, Secondigny) il n’existe qu’en forêt de
hêtres sur calcaire (Chizé).

Aglia tau tau L. (1758) (BOMBICOIDEA)

Beaucoup plus abondant que E. versicolora, mais sauf en forêt de Chizé, n’existe que dans de
type de boisement.

Drepana lacertinaria L. (1758) (GEOMETRIDEA)

Cette espèce a été prise dans la région en forêt de l’Hermitain dans une zone où pousse le
bouleau.

Drepana falcataria L. (1758) (GEOMETRIDEA)

Un peu partout mais abondant et très varié (forme presque blanche) dans ce type de zone.

Moma alpiuml Osbeck (1778) (NOCTUIDEA)

Se prend par unité dans toute la région mais communément dans les forêts de l’Hermitain, de la
Sésine, Secondigny.

A été cité d’Auzay par LUCAS et de Royan par BRAUN et SALIS.

Lycophotia porphyrea porphyrea D. et S. (1775) (NOCTUIDEA)

Vraiment spécifique de ces forêts.

Xestia castanea neglecta Hubner (1803) (NOCTUIDEA)

Pris seulement une fois depuis 60 ans en forêt de l’Hermitain. GELIN avait observé que l’imago
était très rare alors que la chenille était fort commune sur les bruyères.

Mamestra persicariae L. (1761) (NOCTUIDEA)

Se rencontre par exemplaire isolé dans toute la région, mais l’espèce est très abondante en
Gâtine où elle vit sur Polygonum persicaria.

Callopistria juventina Stoll in Cramer (1782) (NOCTUIDEA)

Peu d’exemplaires ont été capturés dans la région mais commun dans ce type de forêt où
poussent les fougères : l’Hermitain, Vouvant, parc de Soubise (Vendée).

Anarta myrtilli L. (1761) (NOCTUIDEA)

Ne se prend dans la région que dans ce type de forêts où il est parfois commun (la Sésine).

Catocala promissa D. et S. (1775) (NOCTUIDEA)
Un peu partout par unité mais souvent très commun en forêt. Vient en quantité à la miellée et bien
aux U. V.

Habrosyne pyritoïdes Hufnagel (1766) (NOCTUIDEA)

Un peu partout par unité mais souvent en masse dans les coupes de forêts de 2 à 4 ans où la
ronce domine durant cette période (l’Hermitain, la Sésine (Deux-Sèvres), Vouvant (Vendée)).

Cymatophona flavicornis L. (1758) (NOCTUIDEA)

Parfois très abondant dans ce type de forêts fin mars ; très rare ailleurs.

Polyploca ridens Fabricius (1787) (NOCTUIDEA)

Moins abondante que l’espèce précédente dans ces forêts ; très rare ailleurs.

Geometra papilionaria L. (1758) (GEOMETRIDEA)

Totalement absente de toutes les zones précédentes, elle peut être très commune dans les bois
de châtaigniers ou de hêtres.

Cyclophora pendularia Clerck (1759) (GEOMETRIDEA)
Très caractéristique des forêts de châtaigniers de la région en particulier l’Hermitain où il abonde
certaines années.

Cyclophora quercimontaria Bastelberger (1897) (GEOMETRIDEA)

N’a été trouvée que dans cette zone (bois d’Arpanteraux, et de Mervent).

Chesias legatella D. et S. (1775) (GEOMETRIDEA)

Commune en novembre uniquement en forêts de Gâtine (Arpanteraux, Secondigny). En Vendée,
l’espèce est signalée de la forêt de Vouvant par LUCAS

Chesias rufata Fabricius (1775) (GEOMETRIDEA)

Moins commune que l’espèce précédente dans les mêmes forêts. Signalée dans la forêt de
Vouvant par LUCAS et à Sommières (Vienne) par d’ALDIN.

Lobophora halterata Hufnagel (1767) (GEOMETRIDEA)

Très commune en forêts de Gâtine (Arpanteraux surtout).

Rheumaptera undulata L. (1758) (GEOMETRIDEA)
Peu commune mais seulement en forêts de ce type en particulier à l’Hermitain.

Campea honoraria D. et S. (1775) (GEOMETRIDEA)

Rarement en dehors des forêts. Très commun dans les bois d’Arpanteraux et Secondigny (Deux-
Sèvres). Existe à l’Ile d’Oléron avec une deuxième génération très grande et claire (sur Quercus ilex).

Signalée à Royan par BRAUN et SALIS, à Jarnac par DELAMAIN, à St Martin de la Coudre
( Charente Maritime) par LACROIX.

Ondontopera bidentata Clerck (1759) (GEOMETRIDEA)

Commune seulement en forêt de l’Hermitain et de la Sésine.

Pseudopanthera macularia L. (1758) (GEOMETRIDEA)
Caractéristique de ces forêts et de ces espaces sur terrains primaires. Elle n’existe absolument
pas sur les calcaires secs tels que ceux qui ont fait l’objet de l’étude précédente.

Elle n’est donc pas commune « partout » comme l’indique le catalogue de GELIN et LUCAS.

Ectropis consonnaria Hubner (1799) (GEOMETRIDEA)

Très commune dans toutes les forêts de la région en mars-avril. Vient aux U. V., c’est peut-être la
raison pour laquelle elle est mentionnée au catalogue de GELIN et LUCAS.

Ectropis extersaria Hubner (1799) (GEOMETRIDEA)

Ne semble exister que dans ce type de forêts où elle abonde en Gâtine (Arpenteraux,
Secondigny).

Petrophora narbonea L. (1767) (GEOMETRIDEA)

Nous n’avons rencontré cette espèce qu’à Narbonne et dans la forêt d’Arpentereaux (Deux-
Sèvres) où elle est assez commune.

Perconia strigillaria Hubner (1787) (GEOMETRIDEA)

Très commune dans ce type de forêt.

Atolmis rubricollis L. (1758) (NOCTUIDEA)

Espèce relativement commune en forêt d’Arpentereaux où on aurait pu la prendre en masse la
dernière semaine de juin en 1976.

Existe aussi dans les forêts de l’Hermitain, Secondigny et la Sésine.

Lithosia quadra L. (NOCTUIDEA)

Commune dans toutes les grandes forêts mais très abondante dans celles de Gâtine.

Apoda limacodes Hufnagel (1766) (ZYGAENOIDEA)

Commune en forêt surtout à l’Hermitain, Bois de Melle (Deux-Sèvres).

Sommaire

Avant propos
Introduction
Données climatiques
Données sur la végétation
Conclusion
Bibliographie
Annexe 1 : la petite tortue est-elle en train de disparaître du Poitou-Charentes
Annexe 2 : les lépidoptères du Poitou-Charentes Vendée dans la littérature entomologique

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