La biodiversité en Poitou-Charentes

     

Occupation de l’espace par les populations

Comprendre l’impact du morcellement et de la dégradation des habitats
Comprendre l’importance des corridors écologiques et le maintien de certains habitats importants

1. Écologie des paysages

L’hétérogéinité des milieux caractérise un paysage. Il est formé de trois éléments

  • la matrice
  • l’îlot ou tache ou parcelle
  • le corridor

La matrice constitue la partie la plus étendue du paysage. Elle lui donne sa physionomie et joue le rôle dominant. Cette matrice est constituée d’un élément d’un seul tenant ou d’éléments largement connectés entre eux.

L’îlot est une surface non linéaire qui diffère des éléments de la matrice qui l’entoure.

Le corridor est une structure linéaire qui diffère de la matrice qui l’entoure des deux côtés. Il relie entre eux deux ou plusieurs îlots.

Une conséquence importante de l’anthropisation des milieux est leur fragmentation croissante, conduisant à la réduction de taille des milieux naturels et à leur isolement par la disparition des corridors.

Exemple : En Poitou-Charentes, certaines espèces Espèce Groupe d’individus qui ont la possibilité de se reproduire entre eux dans la nature et dont la descendance est fertile. sont dans une situation d’isolement assez marqué, qu’il s’agisse de vertébrés (Cistude d’Europe), de crustacés (écrevisses indigènes) ou d’insectes (Rosalie des Alpes).

2. Métapopulations

Une métapopulation est un ensemble de sous-populations interconnectées par des individus qui se dispersent.

Les corridors écologiques (comme les haies) favorisent la circulation des individus que ce soit pour la recherche de nourriture, la reproduction, la recherche d’abris… Ils jouent un rôle particulièrement important pour les espèces qui ont une mobilité réduite. Ils contribuent à rompre l’isolement des habitats.

A l’inverse, il existe des structures qui jouent le rôle de barrières, empêchant la circulation des espèces et participent à la fragmentation du paysage.

Exemple : Une autoroute fonctionne à la fois :

  • comme barrière pour une partie de la faune, dont l’habitat est fractionné : par exemple, les amphibiens et les reptiles meurent écrasés sur les routes chaque année au moment de la reproduction, des pontes et de la recherche d’un abri pour l’hiver.
  • comme un corridor pour certaines espèces qui se répandent le long des talus (plantes rudérales, petits vertébrés ou insectes,…).

3. A retenir

La fragmentation, la dégradation et la destruction des habitats sont actuellement des problèmes majeurs en terme de biodiversité.Pour bon nombre d’espèces,

Un exemple d’impact de la fragmentation et de la dégradation des habitats est le cas du Lézard ocellé. Cette espèce est tributaire des milieux ouverts et est particulièrement sensible à la reforestation et à la fermeture des milieux. L’évolution des paysages sur des sites de l’Ouest de la France montre qu’il s’agit de la cause la plus évidente de déclin de l’espèce (Cheylan et Grillet, 2004).

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Lézard ocellé (Lacerta lepida

Au vu de ces problèmes des outils de gestion et de conservation des espèces et des milieux naturels sont disponibles :

  • Les conventions internationales (Convention de RAMSAR, Convention de Washington-CITES, Convention de Berne, Convention de Bonn, La Convention OSPAR)
  • Les engagements européens (la directive cadre sur l’eau , le réseau Natura 2000, le programme de reconnaissance des certifications forestières - PEFC)
  • Les protections réglementaires françaises relatives aux espèces (listes d’espèces protégées)
  • Les protections réglementaires françaises relatives aux espaces (les Réserves naturelles, les Réserves nationales de chasse et de faune sauvage, les Réserves de chasse et réserves des ACCA et AICA, les Réserves de pêche, les Réserves biologiques domaniales ou forestières, les Réserves biologiques intégrales, les Forêts de protection, les Arrêtés Préfectoraux de Protection de Biotope (APPB), les sites classés et les sites inscrits, les Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP)).
  • Les protections par la maîtrise foncière et la maîtrise d’usage (Protection d’espaces naturels, Espaces naturels sensibles des Départements, Opérations Grands Sites).
  • Les protections par la gestion contractuelle (Mesures agri-environnementales (MAE) et Contrats d’Agriculture Durable (CAD), Contrats "Outarde")
  • Autres techniques de conservation de la biodiversité (Banque de graines (CBN), Conservation génétique d’espèces ou de races/variétés menacées, domestiques ou sauvages).
  • Les mesures de lutte contre les espèces envahissantes.

Pour connaitre les effets de la dynamique du patrimoine naturel sur les écosystèmes, vous pouvez consulter les échanges cycliques dans les écosystèmes

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Bibliographie :

  • Cheylan Marc et Grillet Pierre (2004). Le Lézard ocellé. Edition Belin, Eveil Nature. 95 pages.
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