La biodiversité en Poitou-Charentes

     

Les types de réponses de la biodiversité

A l’échelle de l’individu, le réchauffement climatique a des impacts physiologiques, morphologiques ou comportementaux sur les organismes vivants. Les changements de « comportements phénologiques » (périodes d’activités biologiques) sont parmi les plus visibles et les plus préoccupants. Par exemple, au printemps, la remontée de plus en plus précoce des températures s’accompagne également d’un développement de la végétation plus tôt dans la saison. En théorie, l’avancement de la date des pics de végétation devrait inciter les animaux qui en dépendent à avancer également leurs périodes d’activités, notamment la reproduction et l’élevage des jeunes. Cependant, en pratique, tous les organismes ne sont pas sur un même pied d’égalité en ce qui concerne la tolérance aux variations environnementales (voir la loi de tolérance de Shelford), leur flexibilité ou leur capacité évolutive. L’avancement de la période d’activités des animaux est plus ou moins coûteuse (ou plus ou moins bénéfique) sur le plan énergétique. A court terme, ces modifications vont agir positivement ou négativement sur les étapes clés du cycle de vie des êtres vivants (fécondité, dispersion, âge à la reproduction, longévité, etc) et finalement sur l’état de conservation des populations.

A plus long terme, le réchauffement climatique pourrait aussi augmenter le métabolisme des animaux et, comme ce fut le cas par le passé, défavoriser les individus de grande taille. En effet, plusieurs travaux en paléontologie montrent que la taille des ancêtres des animaux actuels (chevaux, chiens,...) a été significativement réduite lors des longues périodes de réchauffements globaux, tant en milieu terrestre qu’en milieu aquatique (ex : Daufresne et al. 2009).

A l’échelle de l’espèce Espèce Groupe d’individus qui ont la possibilité de se reproduire entre eux dans la nature et dont la descendance est fertile. et de l’écosystème, le changement climatique peut désynchroniser les périodes d’activités entre les compartiments des chaînes alimentaires et modifier le fonctionnement des écosystèmes. En effet, les changements phénologiques sont nombreux et variés, et tous les groupes biologiques ne réagissent pas de la même manière ou à la même vitesse (voir par exemple la remontée vers le nord plus rapide chez les papillons que chez les oiseaux).

Pour s’adapter, les espèces vont également se déplacer pour suivre les conditions climatiques dont elles ont besoin. Ces déplacements se traduisent par des « réarrangements des communautés » : certaines espèces deviennent plus abondantes, plus rares, d’autres font leur apparition ou d’autres encore disparaissent. Les déplacements d’aires de répartition ont des impacts plus ou moins forts sur les écosystèmes et les activités socio-économiques associées. Par exemple, la remontée vers le nord de la Processionnaire du pin (ci-dessous) n’est pas sans conséquence pour les écosystèmes et les activités humaines (défoliation des pins, effets urticants chez l’homme et les animaux).

Nid de Processionnaire du pin.
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