La biodiversité en Poitou-Charentes

     
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Les changements observables et attendus à l’échelle régionale

La région Nouvelle-Aquitaine est une région où convergent une biodiversité élevée et une forte intensité attendue du changement climatique. Les effets sur la biodiversité sont d’autant plus marqués que la région se situe à la croisée de quatre domaines biogéographiques (atlantique marin, atlantique terrestre, continental, alpin), et de nombreuses espèces Espèce Groupe d’individus qui ont la possibilité de se reproduire entre eux dans la nature et dont la descendance est fertile. vivent en limite de leur aire de répartition. A l’image des phénomènes décrits précédemment chez les papillons et les oiseaux, les tendances actuelles montrent une « méridionalisation » des communautés biologiques à l’échelle régionale. Les espèces tempérées chaudes tendent à remplacer les espèces tempérées froides et on observe déjà une modification de la phénologie des espèces et de la productivité des écosystèmes. Par ailleurs, les espèces vivant en milieu montagnard remontent en altitude. D’après les travaux de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), relayés par l’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC), les espèces végétales ont montré une remontée de 3 mètres par an entre 1971 et 1993 et de plus de 64 mètres pour les espèces forestières.

Consulter le site de l’OPCC.

En Poitou-Charentes, le phénomène de méridionalisation des communautés est tout aussi palpable et devrait se prolonger significativement au cours du XXIème siècle (carte ci-dessous).

Enveloppes bioclimatiques des groupes d’espèces en France. En orange est représenté le groupe Aquitain (Pin maritime, Chêne tauzin,...) et en rouge le groupe méditerranéen (pins et chênes méditerranéens). (d’après Badeau et al. 2007).

Certaines espèces, auparavant cantonnées au sud de la France, s’installent progressivement dans les paysages du Poitou-Charentes. Il s’agit par exemple de la Cigale rouge, qui a récemment étendu son aire de répartition vers le nord, et apporte en été des ambiances sonores de Méditerranée. Un autre exemple est l’Elanion blanc. Bien que cet oiseau niche habituellement sur le continent africain et certaines côtes asiatiques, il fréquente de plus en plus souvent le Poitou-Charentes, et sa nidification Site de nidification Site où un oiseau va pouvoir construire son nid. est de plus en plus commune (dates de nidification connues en 2015 : 1993, 2008, 2012, 2014, 2015 (PCN 2015 ; LPO 2016)). Le Héron garde-boeuf est un autre oiseau blanc africain qui compte aujourd’hui parmi les nicheurs de Poitou-Charentes, et même désormais parmi les hivernants. Dans les eaux, les réarrangements de communautés sont aussi à l’œuvre. Beaucoup d’invertébrés benthiques et de poissons remontent du Golfe de Guinée ou de la Méditerranée vers le golfe de Gascogne et les pertuis charentais (Le Treut 2013), tels que les requins ou le Baliste.

A l’inverse, d’autres espèces se raréfient telles que le Triton crêté qui atteint en Poitou-Charentes sa limite sud-ouest de répartition. Les changements touchent aussi les peuplements forestiers. Certaines essences se raréfient (ex : Hêtre, Frêne commun, grands chênes de plaine), et pourraient même bientôt disparaître du Poitou-Charentes (voir la carte ci-dessous), au profit d’autres espèces appréciant des températures plus élevées (ex : Frêne oxyphylle, Chêne pubescent). Par ailleurs, les phénomènes de dépérissement sont de plus en plus fréquents et interrogent le forestier dans sa gestion sylvicole, tant en matière de choix des essences que des techniques de gestion et d’entretien des peuplements.

Consulter la rubrique du CRPF sur le réchauffement climatique.

Evolution de l’aire de répartition du Hêtre en France. (d’après Badeau et al. 2007).

Les effets du changement climatique concernent autant la biodiversité sauvage que la biodiversité cultivée. Dans un contexte d’accroissement des phénomènes de sécheresse et de restriction de la ressource en eau, certaines cultures telles que le maïs pourraient bientôt devenir difficile, voire impossible à cultiver. Les professionnels de la vigne témoignent aussi des changements en cours. Les vendanges sont de plus en plus précoces et les évènements extrêmes (orages, tempêtes, canicules) ne facilitent pas le travail des viticulteurs. Le changement climatique pourrait aussi bousculer les terroirs et faire évoluer la répartition géographique des cépages...

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