Biodiversité en Poitou-Charentes
Réseau Partenarial des Acteurs du Patrimoine Naturel de Poitou-Charentes
Comme pour les quatre espèces précédentes, sont retirés du tableau B trois relevés des parcelles AI32, AI33 et AI35, faute d’un nombre suffisant d’espèces (seulement deux par REL – Tvir - Mpar –certainement à cause de la végétation trop haute et trop dense, -récent déboisement ?-)
Ce tableau contient tous les relevés retenus dans un premier temps et qui auraient pu avoir un intérêt dans l’AFC définitive. Seuls les REL. et ESP. à l’intérieur du tableau cerné en rouge ont été retenus pour l’AFC définitive. La pertinence de l’éviction de certains relevés incomplets, ainsi que la faible représentativité des espèces extérieurs à ce cadre, a été confirmée par l’AFC définitive après sa comparaison avec la 1ère AFC. En effet, ces REL. et ces ESP. étaient répartis au pourtour du graphique et le reste -le plus significatif- était reporté vers l’origine. Sur la dernière AFC on peu constater une meilleure occupation de l’espace par des ensembles relativement définis.
Les relevés de ce tableau sont triés en fonction des résultats de l’AFC. Ils sont groupés en fonction des ensembles définis, des milieux humides vers ceux les plus secs.
Les espèces sont classées par affinité hygrophile de milieux végétaux denses et de strates hautes (1,50m) MPAR (1) à gauche, vers les espèces d’affinité xérothermophile OCAE (21) à droite.
Les orthoptères de 1 à 10 sont des espèces du bioclimat Némoral.
Les orthoptères de 13 à 21 sont plutôt des bioclimats Subméditerranéen aquitain et Méditerranéen.
(voir graphique AFC) :
Trois axes ont été fixés. Le premier plan factoriel (axe 1 et 2) est le plus significatif avec des profils lignes et colonnes sur les axes 1 et 2 de 49%.Ce graphique est le plus représentatif des trois, le deuxième plan avec 48% donne sensiblement les mêmes distributions. Seul le premier plan sera représenté.
L’axe 1 est représentatif du gradient arido-humidité. Les stations des REL les plus à gauche (90, 58, 43, 92) sont vraiment les plus humides. A droite les REL 38, 39, 40, 41, 102 représentent les milieux les plus secs.
Il faut rappeler que ce n’est pas l’appréciation de la végétation ou une mesure ambiante ou édaphique de l’humidité qui permettent d’arriver à ces résultats, mais les compositions des relevés orthoptériques.
Il représente les relevés des milieux humides à faciès de mégaphorbiaies en formation. Le sol est humide AI100b à très humide AI92. L'espèce dominante est Mecostethus parapleurus parapleurus (Hagenbach, 1822) classé déterminant en Poitou- Charentes et espèce menacée à surveiller dans le climat Subméditerranéen Aquitain et Némoral qui nous concernent ici, suivi de Stethophyma grossum (L., 1758) qui bénéficie des mêmes critères de priorité. Conocephalus dorsalis (Latreille, 1804), plus rare, est aussi déterminant en Poitou-Charentes et considérée comme menacée à surveiller dans le Subméditerranéen Aquitain, mais fortement menacée d'extinction dans le domaine Némoral .
Ces trois espèces sont donc d'une importance capitale ici.
Les REL de ce groupement se révèlent relativement équilibrés. Cela parait bien sur
le tableau 2, et surtout sur le graphique de l'AFC ou ces REL ont une bonne cohésion à
l'intérieur du groupement.
Il est composé par des orthoptères spécifiques des milieux humides. Ces espèces
sont caractéristiques de la division des CHORTHIPPEA PARALLELI Defaut (1994). C'est
la division du bioclimat EUROSIBERIEN.
En consultant la carte des phytoclimats (carte page 35) on s'aperçoit que le Marais de St Georges de Rex ne relève pas de ce domaine climatique ( voir climagramme page 40), il est dans la division de l'OECANTHEA PELLUCENTIS Defaut (1994). Ce sont les synusies des milieux ouverts et secs, dans le domaine bioclimatique « Euryméditerranéen ».
Cette différence est due, tout simplement, à la situation climatique locale tel que la perçoivent les plantes et les orthoptères et les autres êtres vivants, ici. Le principal élément qui intervient dans ce cas est l'humidité. L'humidité édaphique importante des marais, par rapport à celle liée au climat régional, est ressentie comme un rafraîchissement climatique par les orthoptères et d'autres composantes de la biocénose. Ce phénomène explique donc le décalage entre l'étage phytoclimatique qui est virtuel et l'étage de végétation et qui lui est réel et auquel on associe les orthoptères du milieu considéré. La synusie se rapportant à ce cas n'a pas encore été établie. Il est nécessaire de détenir au moins 10 relevés avec les mêmes espèces caractéristiques, réalisés dans différentes stations d'une région et dans la même situation climatique, pour confirmer ce groupement. Actuellement 8 REL comparables sont établis.
Ce groupement se rattache à :
Ce groupement très important est la référence pour les écosystèmes des prairies humides à faciès de cariçaies ou de mégaphorbiaies en formation. Je pense que ce stade évolutif permet une gestion possible pour un maximum de biodiversité, tout en gardant ce milieu ouvert avec une strate végétale inférieur à 1,50m, quitte à supprimer régulièrement les jeunes arbrisseaux. Après c'est la fermeture qui s'engage.
Ce groupement me semble donc la référence pour une gestion conservatoire de ces milieux humides.
Deux particularités se doivent d'être relevées dans la AI98-99. La première
concerne Mecostethus parapleurus parapleurus (Hagenbach, 1822) qui colonise cette
cariçaie de façon très dominante 2 à 3 individus /m2. Je n'ai jamais observé de telle
densité.
Dans les parcelles AI98-99 (parcelles remembrées et peut-être aussi avec 97) et
dans la AI88 une espèce xénocène [1] Calliptamus italicus (L., 1758) est présente adulte
et juvénile. Il n'y a certainement pas eu reproduction dans ces parcelles, mais la présence
de cet orthoptère interroge. Le domaine préférentiel de C.italicus est la prairie
mésoxérique écorchée, avec une végétation peu dense, bref le contraire de ce que l'on
note ici. Pourquoi cette « colonisation » ponctuelle qui n'est vraiment pas habituelle (je ne
l'ai jamais observé ailleurs) ? Présente en AI100h et AI102 ainsi que sur le chemin, il y a
eu une migration partielle de cet orthoptère pour une raison inconnue. On peut évoquer le
climat, la sècheresse, d'où la recherche d'humidité (voir les parcelle AH 41, 42 avec
O.caerulescens) ? Je me tiendrai à ces hypothèses et garderai mon interrogation. Dans
les parcelles cultivées de notre région, c'était les luzernières de plus de trois à quatre ans
qui lui convenait le mieux. Il n'y a plus beaucoup de luzernières actuellement.
A part le AI (98-99), le carex est moins présent sur ces autres parcelles. On y observe des iris et des plantes plus hautes, mais aussi une végétation de strates moins hautes. Bien que de formation végétale différente Z88 est une parcelle colonisée par des orthoptères d'affinités bien différentes. Ce qui s'explique par une transformation récente (ancienne peupleraie nettoyée suite à la tempête de1999). Je pense que l'évolution pourrait aller vers une biocénose plus mésohygrophile à hygrophile si on favorisait l'humidité édaphique avec un entretien approprié.
Dans l'avenir les relevés de cet ensemble pourraient rejoindre le groupement 1. Mais l'état actuel de l'ensemble AI99, 98, 97, me semble perturbé et comme je l'ai déjà fait remarqué la densité de M.parapleurus est anormale comme l'uniformité de cette cariçaie. Je ne sais pas si le carex peu recoloniser naturellement une parcelle de cette façon après une intervention sur le sol ?
Cet ensemble est composé de relevés effectués sur des parcelles partiellement écorchées, plus calcaires que la majorité des autres parcelles. La parcelle AI102 avait une végétation ligneuse lors de mon premier passage (ronces, pousses de peupliers et frênes) ne dépassant pas 120cm de hauteur. Pour le reste, il s'agissait en partie de graminées rases et autres. Ce type de végétation explique la présence de M.religiosa, R.nitidula, O.rufipes, P.giornai. Les autres espèces étaient en partie là, et en surtout C.mollis dans la partie la plus dénudée au NE de la parcelle. Il est à noter que C.mollis se trouve aussi dans le chemin près du coin NE de cette parcelle.
Après le gyrobroyage, M.religiosa et R.nitidula avaient disparus, les autres orthoptères, de strate rase, avaient colonisé toute la parcelle, C.mollis seulement le quart NE, ce qui s'explique par le caractère xérotherme de cette espèce.
Les parcelles AH 40, 41, 42 (les relevés de ces deux dernières parcelles étant semblables, je les ai associés) ont un faciès particulier. Elles subissent gravement la baisse du niveau d'eau dans les conches, elles ont été déboisées apparemment depuis peu et après un curage des canaux, le déblai à été étalé dans les parcelles en bordure. Bien que le sol de ces prairies soit d'une nature différente des autres, il me semble que sans le curage et cet aménagement de rives, elles devraient être plus humides. Mais là aussi, sur ce substrat, la sécheresse sévit plus qu'ailleurs.
La particularité des relevés de ces deux parcelles provient de la présence de Oedipoda caerulescens (L., 1758). Il est vraiment très rare de l'observer dans ce genre de biocénose. Deux aspects de ce terrain lui sont propices : le sol dénudé et sec, mais cet orthoptère ne colonise aucune autre parcelle environnante pas même la AI38E ainsi que les différents passages ou chemins proches qui ressembles à son préférendum. Il faut donc que ce milieu lui convienne ponctuellement pour qu'il se maintienne là. Comme Calliptamus italicus (L., 1758), les femelles sont assez massives, l'eau leur est nécessaire pour subvenir à leur métabolisme et plus que pour d'autres espèces thermophiles plus petites. Habituellement elles trouvent, comme tous les orthoptères, cette eau vitale dans la végétation verte consommée ainsi que dans la rosée matinale. Y rechercheraient-elles en fait, une humidité qu'elles ne trouvent plus ailleurs dans la végétation pour venir ici ?
Sommaire
Préambule
Résumé
Méthodologie
Résultats des observations
Les propositions de gestion
Impacts des différents modes de gestion, de fauche et de pâturage
La gestion des parcelles
Suivi de gestion
Conclusion
Bibliographie
[1] 4 Espèce accidentelle au sein de ce groupement auquel elle n’appartient pas