- - - Biodiversité en Poitou-Charentes Réseau Partenarial des Acteurs du Patrimoine Naturel de Poitou-Charentes

Introduction

Situées entre les 45ème et 47ème parallèles, les côtes charentaises et vendéennes bénéficient d'un climat qui par certaines caractéristiques rappelle le climat méditerranéen.
Les îles en particulier (Ré, Oléron, Aix) ont à la fois cette douceur du climat Breton et cette rigueur de l'air des côtes Languedociennes sans l'inconvénient des vents du Nord (Cers, Grec, Mistral, Tramontane) auprès desquels notre « noroît » est une caresse. Ce type de climat si marqué qui n'intéresse qu'une bande côtière assez étroite a son pendant à l'Est de la France (vallée de la Haute Durance) entre les 44ème et 45ème parallèles.

Une différence d'importance : ici, la mer et sa douceur atlantique, là bas la montagne et sa rigueur continentale. Et pourtant nous assistons à ces deux extrémités de la France situées à un peu moins de 1000 km l'une de l'autre, à une remontée spectaculaire de la flore et de la faune de type méditerranéenne sur près de 200 km entre Gironde et Loire et jusqu'à Guillestre dans la vallée de la Durance.

Autre différence, dans notre Centre-Ouest, il s'agit beaucoup plus d'une résurgence que d'une remontée, alors que dans la vallée de la Haute Durance c'est un prolongement climatique sans aucune discontinuité. L'arrière pays voit très rapidement ces caractéristiques disparaître puisque en moins de 100 km à vol d'oiseau on passe de 2300h d'ensoleillement à 1700h.

Aux multiples entrées de notre région administrative Poitou-Charentes on peut lire « Terre de tradition ». Effectivement la riche nature qui pourvoyait aux besoins des hommes n'a probablement pas favorisé l'implantation des industries modernes à la fin du dix-neuvième siècle et au vingtième siècle. Ce qualificatif à l'intention des touristes peut s'appliquer à beaucoup de régions françaises, mais aussi bien là qu'ailleurs il a pour but d'inciter ce dernier à s'arrêter afin qu'il laisse un peu de sa générosité dans cette région de passage et de transition. Voilà bien le qualificatif qui a caractérisé cette région sur le plan humain, pendant des siècles, et que la nature peut prendre à son compte.

Région de transition en effet, on rencontre à la fois des espèces néotropicales et septentrionales comme on y rencontre des noms de familles à consonance mauresque, anglaise ou scandinave.

L'ensemble des espèces de lépidoptères est ici évidemment eurasiatique mais le début de notre étude sera consacré à des espèces qui peuvent y être considérées comme une caractéristique de climat et de lieu méditerranéens.

Toute une lignée de botanistes du Sud-Ouest et de l'Ouest atlantique (des Basses-Pyrénées au Morbihan) ont vu sous l'influence d'un climat similaire au climat méditerranéen les éléments floristiques de cette région comme une résurgence des espèces botaniques du midi français.

De FLAHAUT à RALLET (botanistes) les points de vue ont été nombreux, certains de ces auteurs comme REY prenant le climat comme base pour établir des zones botaniques, d'autres considérant que ce sont les espèces qui caractérisent le climat. Si à la limite, on peut dire que dans le temps une plante est migratrice grâce à l'influence des éléments extérieurs (vent, animaux) la faune est beaucoup plus mobile et de ce fait beaucoup plus souple et rapide dans la conquête et l'occupation du terrain.

Avant d'entrer dans le détail des micro-climats il est bon d'effectuer un survol de la géologie et de la pédologie. La surface étudiée recouvre environ 40 000 km², elle est limitée à l'Est par une ligne reliant Beauvoir sur Mer, Poitiers, Angoulême, Royan à 50 km près.

L'examen de l'esquisse géologique montre que les types de sols y sont nombreux, des roches primaires de la chaîne hercynienne au Nord au calcaire crayeux et tendre du Sud de la Charente (Chalais). On retrouve le granit à l'Est de la Charente, mais il ne s'agit là que d'une étroite bordure qui fait partie du limousin et qui n'a rien à voir avec l'ensemble très calcaire des deux départements Charentais.

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Le relief (Vendée et Poitou-Charentes)

A l'extrême Sud on trouve un prolongement des sols Girondins très imperméables sous des sables siliceux (poudingues) sur lesquels se prolonge la forêt landaise et des marécages. Mais dans l'ensemble les pays Charentais (Aunis, Saintonge, Angoumois) sont à très forte dominante calcaire (Crétacé, Jurassique) tout comme le Sud des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Vienne.

Les dépôts quaternaires y tiennent aussi une grande place le long des côtes (vallées de la Sèvre et de la Charente et autres petits bassins côtiers).

Au Nord-Est de grandes étendues sont occupées par des terres rouges à Châtaigniers surtout dans le Nord de la Charente, le sud-Est des Deux-Sèvres, le Sud-Ouest de la Vienne.

L'ensemble que nous allons étudier est composite, formant une transition entre le bassin Aquitain légèrement plus chaud et humide d'une part, les sols granitiques Limousins et Bretons plus froids, d'autre part et les groies et landes du seuil du Poitou plus froides et plus sèches. Sur cet ensemble nous distinguerons sept milieux constituant des biotopes originaux :

1- La dune de la laisse de mer à la pinède.
2- La pinède dunaire avec son sous-bois (chêne-vert, saule).
3- Les marais côtiers (Marais salants, près salés ou non sur bri à scrobiculaires).
4- Les marais à tourbes (sèvre Niortaise, Charente).
5- Les coteaux ou chaumes et les petits bois de chênes malingres (chêne pubescent ) sur les calcaires des Charentes et du Sud des Deux-Sèvres.
6- Les forêts sur terre à châtaigniers (l'Hermitain).
7- Les forêts sur sol primaire (Arpentéraux, Secondigny, La Sésine (Deux-Sèvres), St Hilaire de Vouillé, l'Ouest de Poitiers).

Sommaire

Avant propos
Données climatiques
Données sur la végétation
Peuplements des principaux biotopes
Conclusion
Bibliographie
Annexe 1 : la petite tortue est-elle en train de disparaître du Poitou-Charentes
Annexe 2 : les lépidoptères du Poitou-Charentes Vendée dans la littérature entomologique