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Impact des différents modes de gestion, fauche et de pâturage

Les périodes opportunes pour le fauchage

Pour les orthoptères, elles sont en premier lieu pendant la période de diapause de ces insectes, c'est-à-dire du 15 octobre au 30 mars. La plupart des orthoptères pondent dans le sol sauf les espèces qui déposent leurs oeufs dans la végétation (iris, roseaux, etc.), tel que le font dans les parcelles humides Conocephalus dorsalis (Latreille, 1804), Conocephalus fuscus (Fabricius, 1793), Chrysochraon dispar dispar (Germar, 1831-35) et sont donc menacées aussi par les fauches d'hivers. Il est donc nécessaire d'aménager une technique spécifique pour ces espèces et surtout pour C.dorsalis et C.dispar.

Si une autre fauche s'impose en dehors des dates précitées, le temps de bruine ou de pluie est beaucoup moins traumatisant à la condition de ne pas faucher au dessous de trente centimètres à quarante centimètres. Les orthoptères ainsi que beaucoup d'autres insectes se tapissent dans la végétation plus dense au ras du sol pendant ces moments. Mais il ne faut pas abuser de ce fauchage en périodes estivale et de reproduction (fin été, automne). Il faut aussi retenir le principe de fauchage en mosaïque qui est souhaitable dans tous les cas (Fauchage, pâturage été comme hivers). Il ne faut pas se méprendre sur le terme. Il ne s'agit pas obligatoirement de faucher des carrés à une période et les autres à une autre. Le fauchage en mosaïque est conseillé pour maintenir les espèces dans une parcelle. Il s'agit d'apprécier visuellement les formations végétales dans une et de faucher une partie de chaque formation (la moitié maximum) à une période, et le reste à une autre, mais pas à la suite de la première. Il faut attendre quelques semaines pour que la végétation de la première partie ait reprises. Pour de grandes parcelles on peut procéder en transect d'égale largeur de 10m. Il est nécessaire de tenir compte de la météorologie.

Le gyrobroyage

Le gyrobroyage détruit non seulement la végétation, mais également les insectes. A la suite de cette action nombreux sont les orthoptères mutilés qui ne survivront pas, ainsi que les lépidoptères, homoptères, et les autres complètement broyés pour lesquels on ne retrouve que quelques morceaux par endroits.

Le gyrobroyage par couteaux ou chaînes à rotation horizontale est très néfaste au dessous de quarante centimètres. Leur rotation provoque une aspiration sur des matériaux libres du sol et donc des insectes qui sont projetés vers le haut de l'engin et sont ainsi découpés en morceaux.

Conséquences d'un gyrobroyage trop ras

Non seulement il y a destruction de la végétation et de sont contenu, mais comme cela s'est présenté, une dégradation du sol en période estivale accélère l'évaporation.

Par exemple dans la parcelle AI92, après le gyrobroyage, dans les parties mises à nu le sol était sec sur trois centimètres. Par la suite les végétaux pionniers ont tendance à s'installer, et ceux-ci ne sont pas souvent parmi ceux qui resteront à plus longue échéance quand le milieu se rétablira et certainement avec retard. Cependant on peu Les orthoptères du Marais de St Georges de Rex 79 (Marais Poitevin) 27 constater que cette végétation se reconstitue assez rapidement quand les parcelles sont assurément humides à voir les résultats dans la parcelle AI58 ouverte au début 2004. Dans les parcelles plus sèches le processus est différent (voir la ZA88).

Les lames circulaires (type scies), les barres de coupes, à chaîne ou à couteaux, à rotation verticale, sont beaucoup moins traumatisantes si on respecte le minimum de 0,30 à 0,40 cm.

L’emploie des débrousailleuses portatives

Les débrousailleuses à fil sont elles aussi à éviter si on ne respecte pas la hauteur minimum de coupe. Le fil à un débattement de 0,10 à 0,15m en son extrémité difficilement contrôlable et déchiquette les insectes. Mieux vaut là aussi employer les couteaux genre lames circulaires.

L’impact du gyrobroyage sur les orthoptères

Il est visible très rapidement. En effet, dans la parcelle AI58 les premières espèces à migrer (pour celles qui n'ont pas été détruites, puisque tout n'a pas été gyrobroyé trop ras) sont celles des strates végétales les plus hautes. Dans ces espèces nous avons la plus fragile et la plus rare et la moins mobile Conocephalus dorsalis (Latreille, 1804) ensuite Metrioptera roeselii (Hagenbach, 1822), suivie de près par Pholidoptera griseoaptera (De Geer, 1773), puis Stethophyma grossum (L., 1758), concernant Mecostethus parapleurus parapleurus (Hagenbach, 1822) se déplaçant plus facilement, quand il est dérangé, il part rapidement, et il revient aussi vite qu'il est parti quand la situation s'améliore. Il se contente aussi d'une végétation plus rase. Par contre la densité de Chorthippus parallelus parallelus (Zetterstedt, 1821) a augmenté. Il y a donc eu une migration vers cette parcelle. Dans les parcelles sèches les constatations sont les mêmes. Dans la parcelle AI102, il est fort probable que M.religiosa et R.nitidula ont été détruits par le gyrobroyage ainsi que certainement d'autres espèces. Cependant quatre jours après C.mollis avait étendu son territoire, alors qu'aucunes des deux espèces précédemment citées n'avaient recolonisé le milieu à partir de la bordure du chemin ou elles sont présentes.

Le pâturage

C'est bien sûr la méthode de gestion la plus naturelle. Les critères à mettre en oeuvre, pour une gestion par ce moyen, passent par un respect de la densité ponctuelle du bétail sur une parcelle. Suivant le degré l'humidité ou de sècheresse de la parcelle, il conviendra de moduler l'impact du bétail. Les bovins conviennent évidement pour les parcelles humides et les moutons ou chèvres pour les parcelles sèches à végétation ligneuse entre autre (choisir les races). Il ne faut pas oublier la possibilité d'installer des clôtures mobiles pour restreindre l'espace des animaux afin d'exercer une pression plus importante si nécessaire pour un temps limité ou pour interdire le Pâturage momentanément. On peut aussi utiliser ce système pour instaurer un pâturage en mosaïque (voir le chapitre fauchage).

Etat d'une parcelle au début du pâturage. la hauteur de la végétation est de 0.6 à 1 m . Avec peu de piétinement, c'est une station idéale pour les orthoptères du groupe 1.
Ce stade d'ouverture est celui qu'on peut espérer avec une gestion (pâturage et coupe des ligneux manuellement de préférence avec une débroussailleuse thermique portable à lame)

AI 058 AI 058

Dans cette parcelle le piétinement est évident. A ce stade on doit arrêter le pâturage afin de préserver les espèces d'orthoptères du groupement et surtout l'humidité de la parcelle

AI 09x AI 09x

Ici le surpâturage est manifeste. En arrivant à ce stade les orthoptères les plus intéressants ont émigrés. Seuls parmi eux, quelques M.parapleurus peuvent subsister. L'évaporation est ici très importante. Il ne faut pas arriver à ce stade. En réalisant une rotation sur toutes les parcelles humides je pense que l'on peut arriver à ce compromis

 AI088 AI088

On notera que les bovins avaient accès en même temps à trois parcelles (AI092, 090, 088). Ils ont brouté simultanément beaucoup de la 088, un peu moins de la 090 et peu de la 088, mais avec une certaine inertie pour le passage d'une parcelle à la suivante.

Quand la 088 fut bien broutée, ils sont passés à la 090 et Mr Guicheteau a dû les parquer dans la AI92 pour qu'ils y restent quelques temps.

  • L'impact du pâturage sur les orthoptères :

Le pâturage est le moyen d'intervention le moins destructeur. Cet impact consiste surtout en la migration de ces insectes dans les parcelles voisines de même végétation. Trois facteurs interviennent :

  • le piétinement qui fait fuir certaines espèces qui n'apprécient pas les incessants dérangements (Conocephalus dorsalis (Latreille, 1804), Stethophyma grossum (L., 1758)),
  • la diminution de la strate végétale en commençant par celle la plus haute diminuant de fait les populations des espèces inféodées à une végétation spécifique (habitat, nourriture),
  • la pression animale importante qui amplifie les deux facteurs précédents.

Dans un premier temps cet impact est difficile à évaluer sans tests préalables.

Suivant le type de bétail employé, de son espèce, de la surface pâturée à la fois, de la nature du terrain, de la végétation, du temps de pâturage prévu, de la météorologie et des résultats escomptés autant de variantes se dégageront. Les ouvrages qui préconise des densités, une pression à l'hectare en fonction des particularités ci-dessus indiquées sont courant, ils sont une base de laquelle ont peu s'inspirer, mais rien ne remplacera l'expérience sur site. Il faut donc tester au départ avec un minimum concevable d'animaux et surveiller journellement les premier temps, sachant que l'impact évolue exponentiellement.

Le piétinement du bétail permet d'une certaine façon le maintien de l'ouverture du milieu. Il ne m'a pas semblé avoir eu trop de conséquences courant juillet, mais au fur et à mesure de l'avancement dans la saison (sèche) la végétation a eu du mal à se redresser.

Ceci a été plus marqué dans la parcelleAI43. Stethophyma grossum (L., 1758) a régressé rapidement. Quand c'est possible, il faudrait installer des parcs ou des clôtures mobiles, afin de partitionner les parcelles de façon à tenter d'obtenir des résultats semblables au fauchage en mosaïque.

Ceci est valable aussi bien en milieu humide qu'en milieu sec

L’impact du curage des canaux sur l’humidité des parcelles

Il n'est pas sans inconvénient si l'on se réfère au travail réalisé dans les parcelles AH40, 41.

Le creusement du lit avec attaque de la couche calcaire tel qu'il a été effectué, est d'autant plus néfaste qu'il fait baisser le niveau de l'eau dans le canal par rapport au niveau du sol des parcelles riveraines, amplifiant ainsi l'effet de drainage. En plus la disparition totale de la couche limoneuse diminue la rétention hydrique qui favorise l'infiltration par le fond du lit.

Dans le cas présent nous avons eu en plus le dépôt (à majorité calcaire) de ces travaux étalé sur la prairie, ainsi rehaussée. Donc tout ce qu'il ne faut pas faire. Quand il est nécessaire de nettoyer les canaux il faut enlever le bois avec souplesse et des engins légers, tracteurs sans chenilles éventuellement avec roues doublées, plutôt en levant les branches qu'en les traînant et en les évacuant au lieu de les brûler sur place. Ensuite le « dragage  » doit rester superficiel en enlevant uniquement la couche de matériaux organiques non décomposés.

Sommaire

Préambule
Résumé
Méthodologie
Résultats des observations
L’Analyse Factorielle des Correspondances
Les propositions de gestion
La gestion des parcelles
Suivi de gestion
Conclusion
Bibliographie