La biodiversité en Poitou-Charentes

     

En Poitou-Charentes

Au cours de ces dernières années, plusieurs conférences ont eu lieu en Poitou-Charentes sur le thème du changement climatique. Par exemple en 2007, le festival de Ménigoute a accueilli une conférence sur le thème "Changement climatique et biodiversité". Plusieurs experts ont apporté des éclairages sur les phénomènes en cours et les évolutions possibles de la biodiversité. La conférence s’est suivie d’intervention et de débats avec les élus de Poitou-Charentes.


Voir et écouter les exposés des intervenants.


Le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CEBC) mène des recherches sur les effets du changement climatique sur la biodiversité et en particulier sur les populations de prédateurs marins des Terres Australes et Antarctiques Françaises(TAAF). Par exemple, les travaux du CEBC, en partenariat avec d’autres équipes de recherche, ont permis de modéliser l’évolution démographique du Manchot empereur au cours du XXIème siècle. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Climate Change et ont fait l’objet d’un communiqué de presse. Par ailleurs, depuis le 27 janvier 2017, le GIEC Biodiversité de Nouvelle-Aquitaine est coordonné par un chercheur du CEBC.


Lire le communiqué de presse.


La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) a réalisé un rapport en 2015 sur le changement climatique et les conséquences prévisibles en Poitou-Charentes, notamment sur le littoral (risques de submersion) et les forêts (risques de feux de forêts). Le rapport identifie les contributions régionales au changement climatique et présente des cartes des zones principales d’émissions de gaz à effet de serre Effet de serre À l’origine, l’effet de serre est un phénomène naturel. Environ la moitié de l’énergie émise par le soleil est absorbée par la Terre, le reste est émis sous la forme de rayonnements infrarouges. Or les gaz à effet de serre (GES) empêchent une grande partie de cette chaleur de s’échapper dans l’espace. Sans les GES, la température moyenne du globe terrestre serait de 35°C plus basse. Pour comparaison, sur la planète Mars, où les GES sont absents, la température au sol est de -38°C. A l’opposé, sur la planète Vénus, où les GES sont très abondants, elle dépasse les 300°C. .


Lire le rapport « Le changement climatique ».


La Communauté d’agglomération du Pays Châtelleraudais (CAPC), en tant que lauréate de l’appel à projets national Territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV), a lancé en 2015 un programme de recherche-action sur l’adaptation au changement climatique. Ce programme a déjà donné lieu à deux séminaires de recherches associant des géographes, des biologistes, des sociologues (voir le programme des séminaires du 18 février et 11 mai 2016) et au lancement d’une thèse co-encadrée par la Réserve du Pinail et les Universités de Poitiers et Tours (voir ci-dessous). Un travail de prospective territoriale est également envisagé et pourrait favoriser l’intégration de certains résultats scientifiques dans le cadre du Plan climat.



*** Zoom sur un projet de recherche : modéliser les changements d’aires de répartition des amphibiens pour mieux les protéger ***


A Vouneuil-sur-Vienne, au sein de la Réserve Naturelle Nationale (RNN) du Pinail (Vienne, 86), Clémentine Préau a démarré une thèse de doctorat fin 2016 qui s’intitule : « Identification et modélisation des habitats d’espèces à enjeux et évolution de leurs aires de répartition avec le changement climatique ». La thèse est co-encadrée par les Universités de Poitiers (laboratoire Ecologie, Evolution, Symbiose) et de Tours (laboratoire Cités, Territoires, Environnement et Sociétés).


La problématique de recherche consiste à identifier et modéliser les habitats favorables aux amphibiens, ainsi que l’évolution de leur aire de répartition dans le contexte du changement climatique. Cette étude est menée à la fois à l’échelle départementale (Vienne), à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine ainsi qu’à l’échelle nationale. Elle consiste à mettre en relation la présence avérée des espèces telles que la Grenouille agile, l’Alyte accoucheur, le Triton crêté ou encore la Salamandre tachetée, avec les paramètres de l’environnement comme la présence de mares ou de forêts, la fragmentation de l’habitat ainsi que les températures et les précipitations, qui subissent de fortes variations dues au changement climatique.


L’objectif est d’obtenir des cartes représentatives des aires de répartition des espèces, à la fois aujourd’hui et pour les années à venir (2030, 2050, 2100), en tenant compte des scénarios de réchauffement climatique établis par le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). Ces cartes permettront d’identifier les habitats qui sont aujourd’hui favorables aux espèces, ceux qui risquent de ne plus être favorables ainsi que ceux qui pourraient le devenir. Cela, dans le but d’orienter les mesures de gestion et la protection de ces habitats, pour permettre la sauvegarde des populations d’amphibiens, qui forment aujourd’hui le groupe des vertébrés le plus menacé au monde.


Ce projet de thèse est né d’un partenariat entre l’association GEREPI (GEstion de la REserve naturelle nationale du Pinail) et la Communauté d’agglomération du Pays Châtelleraudais. Il implique de nombreuses associations naturalistes qui fournissent un accès à leurs bases de données naturalistes et font bénéficier de leur expertise, comme par exemple Vienne Nature et les autres membres de Poitou-Charentes Nature ainsi que d’autres associations en France. Le Muséum National d’Histoire Naturelle est aussi partenaire de cette étude, ainsi que l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, par le biais du Contrat Territorial de la Vienne Aval.


Principaux partenaires de la thèse :


par Clémentine Préau, doctorante à la RNN du Pinail et aux Universités de Poitiers et Tours.


La Réserve du Pinail, témoin des effets du changement climatique.
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