La biodiversité en Poitou-Charentes

     
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Données climatiques

Pour les sept types de biotopes considérés, il nous faut distinguer quatre régimes
climatologiques seulement, les dunes, les pinèdes et les marais côtiers ayant le même.

1. Précipitations

La carte des isohyètes normales sur 25 années met en évidence l’influence du relief et de la forêt
dans la répartition des précipitations. De l’ouest à l’est on rencontre la bande littorale sèche, plus
humide au sud par suite de son approche de la Gironde, de ses boisements et de la dominance des
vents d’ouest-sud-est.

Par contre de la baie de l’Aiguillon à Beauvoir-sur-mer on est sous la dominance des vents de
« noroît » et la pluviométrie descend certaines années au-dessous de 500 millimètres.

L’accroissement de la pluviométrie est ensuite très rapide vers le nord-est à l’approche des Monts
de Gâtine. (altitude supérieure à 200mètres, souvent plus de 1200 mm.). par contre au sud, elle
progresse mais avec irrégularité suivant le relief et surtout les forêts rencontrées. Ainsi au voisinage
du Marais Poitevin il pleut nettement plus dans la basse vallée du Mignon que dans la basse vallée de
l’Autize. Toujours au sud, la progression se fait le long de la vallée de la Charente pour atteindre son
maximum sur les contreforts du Limousin.

Par contre au nord-est la barrière hercynienne est un véritable parapluie pour le nord-est des
Deux-Sèvres et le Nord-Ouest de la Vienne. Les précipitations s’accentuent à nouveau à l’approche
de Poitiers.

Sur le plan de la distribution annuelle, la pluviosité maximale se situe entre le 15 octobre et le 15
février avec des variations très importantes entre ces dates puisqu’on notait moins de 10 mm et plus
de 200 mm en novembre ou en février. On pourrait en dire autant des mois les plus secs ; juin, juillet
août puisque les variations peuvent atteindre les chiffres indiqués ci-dessus. Le mois d’avril est le plus
sec la pluviosité reprenant souvent abondamment en mai.

A. Hauteurs annuelles

Le système pluviométrique est océanique avec deux types de régimes : un régime de nord-ouest
et un régime de sud-ouest. Ce dernier est à l’origine des fortes pluies. La carte des isohyètes ci –
dessous résume la situation pluviométrique moyenne de cette région.

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Carte des précipitations annuelles (en mm)

B. Coefficient pluviométrique mensuel

Si on compare les graphiques des coefficients mensuels établis d’après les moyennes mensuelles
des précipitations pour cinq stations, il apparaît clairement que l’étalement des précipitations au cours
de l’année est meilleur à l’intérieur des terres que le long de la mer.

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Graphiques des coefficients pluviométriques mensuels

C. Nombre de jours de précipitations

Les variations du nombre de jours de précipitations ne sont pas aussi importantes que les
variations en quantité puisqu’on passe d’une minimum de 130 jours dans les régions les plus sèches
de la côte Atlantique et du Thouarsais à 170 jours en Gâtine alors qu’en quantité on passe d’un
minimum de 590 millimètres à 1 mètre pour les mêmes postes. Dans le premier cas le rapport est de
trois pour quatre alors que le second il est de trois pour cinq.

D. Fortes précipitations

La hauteur maximale relevée en 24 heures a été notée en septembre 1964, H = 73 millimètres ;
ce n’est pas un chiffre caractérisant particulièrement un des micro-climats de cette région.

E. Neige

Beaucoup plus caractéristique que le critère précédent puisqu’en allant des bords de l’Océan à la
bordure du Limousin on passe de une à quinze journées neigeuses pour la moyenne annuelle.

F. Indice de continentalité pluviale moyenne

L’indice de continentalité pluviale est le rapport de la somme des coefficients des six mois les
plus chauds à la somme des coefficients des six mois les plus froids. Cet indice exprime le degré de
concentration des précipitations pendant la période d’été qui est l’une des caractéristiques de la
continentalité du climat. Les valeurs obtenues pour différentes stations des régions concernées sont
mentionnées dans le tableau ci-dessous.

Le type de pluviosité pour chacune d’elle est indiqué d’après trois classes :
Type continental c > 1,75
Type semi-continental 1,00 < c < 1,75
Type non continental c < 1,00

stations Indices de continentalité Type de pluviosité
Thouars C = 1,1 Semi Continental
Vernoux en Gâtine C = 0,80 Non continental
Marans C = 0,75 Non continental
Niort C = 0,70 Non continental
Poitiers C = 0,82 Non continental
Clermont Ferrand C = 1,80 Continental

La région de Thouars possède, seule, une pluviosité de type semi-continental, dans une
région à large dominante non continentale avec C < 1 (à titre de comparaisons Clermont Ferrand
caractérise le type de continental en France avec C = 1,80. )

2. Températures et régimes thermiques

A. Températures moyennes

La température moyenne de la région varie de 10°5 à l’intérieur des terres à 13° le long de la côte
atlantique. La carte des isothermes moyennes de la région établie sur 25 ans est ci-après.

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Carte de la température annuelle moyenne (en °C)

B. Amplitude thermique annuelle moyenne

C’est la différence algébrique entre les températures moyennes du mois le plus chaud et du mois
le plus froid. La moyenne annuelle de l’amplitude thermique s’abaisse assez régulièrement de l’est à
l’ouest ; elle est probablement l’une des principales caractéristiques du climat. Elle varie de 14° à La
Rochelle à 15° à l’île Jourdain.

C. Répartition des gelées

L’examen de la répartition des gelées fournit d’importantes indications sur le climat des différents
milieux. On relève en moyenne de l’est à l’ouest :

54 jours à Poitiers
56 jours à Parthenay
44 jours à Niort
33 jours à Marans
25 jours à la Rochelle
20 jours à Rochefort

D. Température maximale

Les maximas thermiques n’ont pas dépassé 38° au cours de la dernière période trentenaire
(1950-1980). Le nombre de jours au cours desquels elle dépasse les 30° se situe entre 6 et 15 de l’est
à l’ouest.

3. Hygrométrie

L’humidité relative est assez élevée et comprise en moyenne entre 70 et 75% le jour et entre 85 et
90% la nuit. L’hygrométrie s’abaisse très rarement au-dessous de 30% dans la journée sur l’ensemble
de la région.

4. Brouillard

La fréquence des brouillards varie de 26 jours à 70 jours par an, le maximum se situant sur la
Gâtine (Vernoux, l’Absie) et Poitiers.

5. Vents

La comparaison des roses des vents met en évidence la dominance Ouest, Nord-Ouest sur les
côtes de Vendée et la dominance Ouest, Sud-Ouest sur les côtes Charentaises. Cette constatation
explique la différence pluviométrique importante entre les Sables d’Olonne et Royan. Le long de la
côte la brise de mer se fait sentir sur une profondeur de 15 à 20 kilomètres avec pénétration en
profondeur face aux Marais de la Sèvre Niortaise et de la Charente.
Sur l’ensemble de la zone ce sont bien les vents océaniques qui dominent mais il est arrivé
certaines années d’avoir pratiquement l’égalité ou une légère inversion. C’est au printemps que
l’influence océanique peut être contrebalancée d’où des retards importants sur le démarrage de la
végétation. Pour la vigne par exemple il peut y avoir un mois d’écart d’une année à l’autre en ce qui
concerne la floraison. De telles variations ne sont jamais aussi importantes en climat languedocien ou
dans la haute vallée de la Durance par exemple.
Pour donner une idée de la moyenne de la dominance des vents nous prendrons trois points
pouvant être considérés comme les plus représentatifs de la région :

L’un Nord-Ouest : les Sables d’Olonne
L’autre au Sud : Rochefort
Un troisième à l’intérieur des terres à l’Est des monts de Gâtine : Parthenay

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Rose des vents des Sables d’Olonne, de Parthenay et de Rochefort pour les quatre saisons

6. Insolation

C’est certainement l’insolation qui caractérise le mieux les zones que l’on peut discerner dans la
région. Elle varie énormément de l’est à l’ouest puisqu’elle peut atteindre 2500 heures le long de la
côte et descendre au-dessous de 1800 heures dans la région de Poitiers ou la Gâtine.

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Carte de la durée d’insolation annuelle (en heures)

7. Caractérisation du climat

Nous utiliserons 2 formules employées couramment :

A. Indices de De Martonne

L’indice d’aridité annuel de De Martonne s’explique par la formule : P/ T+ 10

dans laquelle P est la hauteur annuelle des précipitations (en mm) et T la température moyenne
annuelle (en °c). La même formule permet de définir également l’indice d’aridité mensuel ; on emploie
alors la pluviométrie moyenne mensuelle p et la température moyenne mensuelle t.

Pour rendre les
résultats comparables aux indices annuels, il suffit de prendre 12 fois la pluviométrie mensuelle au
numérateur :
12 p/t+10

Nous avons calculé ces indices pour Niort, Poitiers, Marans, Loudun, Surin, et donné ceux de
Toulon et de Lorient pour comparaison. On constate que les valeurs du mois de juillet à octobre sont
beaucoup plus basses tout le long de la côte et dans l’intérieur des terres à partir de cette côte sur
près de 50 km. Le mois de juillet est le plus aride et l’indice tombe au-dessous de la valeur 20 très
souvent, ce qui caractérise les régions sèches. Ce couloir Nord-sud appartient au long couloir de
sécheresse qui part de la région méditerranéenne et remonte par la vallée de la Garonne et se
prolonge jusqu’à l’embouchure de la Loire ( de Martonne 1942).
Les indices élevées qui indiquent une période humide dépassent 50 au mois de janvier,
février, mars et décembre pour l’ensemble de la Gâtine ; cette période tombe à deux mois pour les
vallées de la Sèvre et de la Charente et à un mois pour tout le littoral.

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Indice mensuel de De Martonne

B. Courbes ombrothermiques de Gaussen et Bagnouls

L’utilisation des données pluviométriques et thermiques sous forme de diagramme peut donner
une idée de la durée de la saison sèche et de son intensité et permet d’établir la relation entre la
végétation et le climat. Dans ce système on compare pluviométrie et température moyenne pour
déterminer la sécheresse du mois. Deux courbes sont ainsi établies et la surface (si elle existe)
comprise entre elles exprime l’importance de la saison sèche.

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Courbes ombrothermiques de Gaussen et Bagnouls

Sur les diagrammes ci dessus nous constatons qu’à l’Ouest nous avons surtout des courbes de
sécheresse à l’Est des courbes plus « mouillées ». Au centre de la région nous notons Niort et Loudun
qui se situent la limite de la sécheresse. Nous avons relevé sur les bulletins climatologiques de la
région quelques moyennes annuelles sur 25 ans :

Loudun 630 mm
Poitiers 700 mm
Marans 800 mm
Niort 889 mm
Surin 970 mm

Nous constatons que Surin est l’un des points les plus arrosés alors que Loudun est parmi les
stations les plus sèches. Ces stations sont situées de part et d’autre de la chaîne hercynienne, Surin
étant au vent d’ouest dominant et Loudun protégé par le relief de ce massif.

8. Ouvrages consultés

Bulletins climatologiques mensuels Poitou-Charentes du n°1 au n°196 soit pour une période de 16
ans et 4 mois.

Relevés mensuels des commissions départementales de la région Poitou-Charentes.

Archives du Service de la navigation à Niort concernant les relevés climatologiques des Deux-
Sèvres, de la Charente Maritime et de la Vendée sur une période supérieure à 100 ans, mais avec
une absence de relevés sur une période de 14 ans au début du siècle.

Sommaire

Avant propos
Introduction
Données sur la végétation
Peuplements des principaux biotopes
Conclusion
Bibliographie
Annexe 1 : la petite tortue est-elle en train de disparaître du Poitou-Charentes
Annexe 2 : les lépidoptères du Poitou-Charentes Vendée dans la littérature entomologique

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