- - - Biodiversité en Poitou-Charentes Réseau Partenarial des Acteurs du Patrimoine Naturel de Poitou-Charentes
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Deux types d’habitats ont été fortement perturbés par l’activité agricole : les bocages et les zones humides

L'activité agricole est très souvent mise en cause au travers de la politique de remembrement et de la Politique Agricole Commune.

Les bocages

Les restructurations foncières (près d'1million d'hectares ont été remembrés en région depuis 1944 avec une grande période de bouleversement dans les années 60-70) se sont en effet accompagnées d'une augmentation des surfaces des exploitations (en 1970, les exploitations de moins de 50 ha représentaient 69 % de la Surface Agricole Utile (SAU) et les exploitations de plus de 100 ha 7,1 % ; en 2000 la répartition des exploitations entre ces deux classes de surface représentait respectivement 18,5 % et 48 %.) (source : Agreste-Scees).

Ces remembrements se sont traduits, dans la plupart des cas, par une simplification du parcellaire, accompagnée par une disparition plus ou moins importante des haies et des chemins ruraux.
Avant 1982, aucune donnée n'existe pour témoigner de la disparition des haies. Entre 1982 et 1991, 28% des surfaces en haies ont été arasées : de 33 259 ha, elles sont passées à 23 929 ha. Depuis 1992 s'est amorcée une période de stagnation (source : Agreste-Enquête TERUTI).

En parallèle, la mécanisation s'est développée (88,5 % des tracteurs avait moins de 50 ch en 1970, les tracteurs de cette puissance ne sont plus que 28 % du parc en 2000) (source : Agreste-Scees).

De concert, l'augmentation des surfaces et la mécanisation ont été déterminantes pour la mise en place d'une agriculture intensive et spécialisée.
En effet, la région a été très marquée, sous influence de la Politique Agricole Commune (PAC), par le développement de la céréaliculture ; encore en 1988, elle se distinguait par une forte présence d'exploitations mixtes (polyculture et polyculture élevage). En 2000, 64 % des exploitations appartiennent désormais à un système de production spécialisé où le secteur des grandes cultures se démarque. Les critères d'attribution des soutiens aux revenus agricoles en sont à l'origine. Quelques soient les modalités de soutien : soutien des prix à la production (avec pour effet l'augmentation des surfaces cultivées et des rendements) ou soutien à la surface (depuis la réforme de 1992), certaines cultures ont été mieux « aidées » que d'autres : les surfaces cultivées en maïs, par exemple, sont passées de 91 000 ha en 1970 à 191 000 ha en 2000 et les rendements de 41 à 95 q/ha (source : Agreste-Scees).

C'est ainsi qu'entre 1970 et 2000, la Surface Agricole Utile est quasiment restée inchangée, mais son utilisation a très fortement variée. Les paysages agricoles traditionnels de bocage ont disparu au profit de plaines ouvertes et la culture du maïs, du blé dur, du tournesol ou du colza a remplacé la culture prairiale.

Les zones humides

Dans les zones humides, l'exploitation intensive des terres a été rendue possible grâce au drainage.
L'installation de systèmes artificiels d'évacuation de l'eau a permis en effet de diversifier les cultures et d'améliorer les rendements.
Les surfaces drainées (par des réseaux de drains enterrés) ont été multipliées par 12 environ en 30 ans (9 402 ha en 1970, 109 914 ha en 2000).

Ces pratiques ont entraîné la régression des prairies du Marais Poitevin. Plus de 50% de ses prairies permanentes ont disparu ces vingt dernières années. Elles couvraient 63 773 ha en 1979, et seulement 28 983 ha en 1997. Dans le même temps, les grandes cultures passaient de 70 000 ha à 109 677 ha (source : RGA TERRUTI PAC, 1998).

L'altération de ces milieux n'est plus aujourd'hui uniquement d'origine agricole. Des zones humides d'importance capitale sur la façade atlantique (comme les marais salés de l'estuaire de la Seudre) se dégradent plus par manque d'entretien hydraulique que par transformation. En effet, sur le plan hydrobiologique, la richesse et la diversité d'une zone de marais reposent notamment sur le maintien d'une diversité de milieux aquatiques et terrestres (mosaïque reposant sur différents états d'envasement, connexion entre les milieux...) conditionnés par une pression de gestion raisonnée (source : Forum des Marais Atlantique - Association de Défense de l'Environnement en Vendée, 2005).

La région comprend aujourd'hui 9 zones humides littorales majeures pour une superficie totale qui avoisine les 95 000 ha (source : ONZH et partenaires du Forum des Marais Atlantiques).

Diagnostic territorial
1. La dégradation des habitats due à l’évolution des modes d’occupation des sols
2. Deux types d'habitats ont été fortement perturbés par l'activité agricole : les bocages et les zones humides
3. La position du Poitou-Charentes par rapport à la France
4. Extension des sols bâtis
5. Une transformation des habitats à l’origine des transformations marquantes du paysage
6. La dégradation des habitats par les pollutions diffuses
7. L’exploitation massive et non adaptée des ressources biologiques
8. La biodiversité menacée
9. Une biodiversité régionale étroitement liée à la diversité des habitats en Poitou-Charentes
10. Un manque de connaissance et de valorisation de cette connaissance
11. D’autres facteurs peu étudiés dont dépend la biodiversité patrimoniale
12. Des espèces exotiques envahissantes

Au delà du diagnostic
1. Le patrimoine naturel : Des enjeux pour d’autres domaines environnementaux
2. Le patrimoine naturel : Des enjeux économiques et sociaux

Pour consulter les autres enjeux environnementaux majeurs télécharger le rapport : Les données clés de l’environnement en Poitou-Charentes. Document PDF de 4.8 Mo.