La biodiversité en Poitou-Charentes

     
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Des espèces exotiques envahissantes

Il arrive souvent que les introductions, volontaires ou involontaires, d’espèces Espèce Groupe d’individus qui ont la possibilité de se reproduire entre eux dans la nature et dont la descendance est fertile. exotiques animales et végétales, prennent des proportions catastrophiques. Ainsi, une espèce exotique peut devenir envahissante lorsqu’elle s’établit ou se développe dans un écosystème en constituant un agent de perturbation nuisible Nuisible Se dit d’une espèce qui met en danger la santé et la sécurité publique, qui provoque des dommages importants aux activités agricoles, forestières ou aquacoles, ou qui représente une menace pour la protection de la faune et de la flore (art. R227-6 du Code rural). La liste nationale des espèces susceptibles d’être classées nuisibles est déterminée par le Ministre chargé de l’environnement, mais c’est le Préfet qui détermine chaque année quelles espèces, figurant dans la liste nationale, sont classées nuisibles dans chaque département. à la biodiversité du milieu qui l’accueille. On parle alors d’espèce invasive Invasive Se dit d’une espèce qui s’établie ou se développe dans un écosystème dont elle n’est pas originaire et pour lequel elle constitue un agent de perturbation nuisible à la biodiversité. Espèce envahissante allochtone (exotique). . Les incidences de ces invasives sur les peuplements d’espèces indigènes peuvent être directes, soit par compétition inter-spécifique défavorable aux autochtones, soit par prédation ; ou indirectes par modification des biotopes originels ou par pollution Pollution Dégradation de la qualité d’un produit ou d’un milieu qui affecte son aptitude à certains usages ou à servir de support à la vie de certains organismes. génétique. La prise en compte des problèmes posés par les espèces invasives est assez récente.
En Poitou-Charentes, on totalise 48 espèces végétales invasives (source : SBCO, 2004). Plusieurs d’entre elles sont fortement installées comme la Jussie (Ludwigia sp.), le myriophylle du brésil (Myriophyllum aquaticum), l’Egeria (Egeria densa) et l’Ambroisie (Ambrosia artemisiifolia) ; mais aussi des animaux comme la tortue de Floride (Trachemys scripta elegans), plusieurs espèces d’écrevisses américaines dont celle de Louisiane, et l’espèce invasive sûrement la plus connue : le ragondin (Myocastor coypus).

L’espèce locale de tortue aquatique par exemple, la Cistude d’Europe (Emys orbicularis), est encore présente en Charente-Maritime mais a probablement disparu des Deux-Sèvres (source : Poitou-Charentes Nature, 1997) pour cause de compétition avec la tortue de Floride.

Le milieu marin est, quant à lui, particulièrement menacé par la Crépidule (Crepidula fornicata), coquillage originaire des côtes est américaines signalé pour la première fois dans les Pertuis charentais en 1969. Le stock le plus important est sur les côtes bretonnes (supérieur au million de tonnes) ; en Charente il est estimé à plus de 5 000 tonnes (source : Ifremer). Sa prolifération est liée à ses particularités biologiques et écologiques, mais aussi aux activités humaines, conchyliculture et pêche essentiellement. Elle pose un réel problème d’environnement et des mesures de contrôle du stock sont prises depuis vingt ans, notamment dans les Pertuis charentais.
Parmi les autres espèces invasives marines, on trouve la spartine anglaise (Spartina anglica), le bigorneau perceur du Pacifique (Ocinebrellus inornatus) et la palourde japonaise (Ruditapes philippinarum). Cette dernière, initialement introduite pour une culture contrôlée en parcs et en claires par les éleveurs, a facilement essaimé dans l’ensemble des baies semi-abritées du littoral.

Les changements climatiques résultant de l’augmentation des gaz à effet de serre Effet de serre À l’origine, l’effet de serre est un phénomène naturel. Environ la moitié de l’énergie émise par le soleil est absorbée par la Terre, le reste est émis sous la forme de rayonnements infrarouges. Or les gaz à effet de serre (GES) empêchent une grande partie de cette chaleur de s’échapper dans l’espace. Sans les GES, la température moyenne du globe terrestre serait de 35°C plus basse. Pour comparaison, sur la planète Mars, où les GES sont absents, la température au sol est de -38°C. A l’opposé, sur la planète Vénus, où les GES sont très abondants, elle dépasse les 300°C. dans l’atmosphère avec pour première incidence le réchauffement, modifieront à moyen et long terme la présence et le développement des espèces exotiques envahissantes.

Sommaire

Diagnostic territorial
1. La dégradation des habitats due à l’évolution des modes d’occupation des sols
2. Deux types d’habitats ont été fortement perturbés par l’activité agricole : les bocages et les zones humides
3. La position du Poitou-Charentes par rapport à la France
4. Extension des sols bâtis
5. Une transformation des habitats à l’origine des transformations marquantes du paysage
6. La dégradation des habitats par les pollutions diffuses
7. L’exploitation massive et non adaptée des ressources biologiques
8. La biodiversité menacée
9. Une biodiversité régionale étroitement liée à la diversité des habitats en Poitou-Charentes
10. Un manque de connaissance et de valorisation de cette connaissance
11. D’autres facteurs peu étudiés dont dépend la biodiversité patrimoniale
12. Des espèces exotiques envahissantes

Au delà du diagnostic
1. Le patrimoine naturel : Des enjeux pour d’autres domaines environnementaux
2. Le patrimoine naturel : Des enjeux économiques et sociaux

Pour consulter les autres enjeux environnementaux majeurs télécharger le rapport : Les données clés de l’environnement en Poitou-Charentes. Document PDF de 4.8 Mo.
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